Pourquoi les Etats-Unis enquêtent sur les Toyota utilisées par l’Etat islamique ?

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Pourquoi les Etats-Unis enquêtent sur les Toyota utilisées par l’Etat islamique ?
@ AFP
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EXPLICATION DE TEXTE – La robustesse et la durée de vie des pick-up Toyota semble avoir particulièrement séduit les djihadistes.

Le contexte : En observant les vidéos de propagande de l'Etat islamique en Libye, en Syrie et en Irak, les enquêteurs américains se sont rendu compte que les djihadistes utilisaient essentiellement des pick-up de la marque Toyota. Ils ont donc ouvert une enquête à laquelle le groupe japonais a annoncé collaborer.

Mais pourquoi les Etats-Unis enquêtent-ils sur le sujet ? Tout d’abord, il existe une volonté d’identifier d’éventuels points de vente, dans le réseau Toyota en Libye, en Syrie et en Irak, directement en contact avec des membres de l’Etat islamique. Selon les observations faites par le Département du Trésor des Etats-Unis, un grand nombre des véhicules utilisés sont neufs. L’enquête se penche donc sur les chaînes d'approvisionnement.

Pourquoi cet intérêt des djihadistes pour ces véhicules ? L’explication est assez simple : les pick-up de Toyota, de même que des automobiles similaires conçues par Mitsubishi Motors, Isuzu ou Hyundai, sont particulièrement prisés par les rebelles - et les armées à travers le monde - du fait de leur extrême robustesse et de leur longue durée de vie.

Pourquoi les Etats-Unis s’intéressent à Toyota ? Il pourrait aussi y avoir, derrière cette enquête, une volonté des Etats-Unis d’écorner l’image de Toyota. Actuellement, la marque japonaise occupe la troisième place sur le marché américain, derrière Ford et Dodge. Associer l’image de Toyota à celle des djihadistes de l’Etat islamique pourrait affecter les ventes aux Etats-Unis.

La marque japonaise a évidemment aussitôt réagi en expliquant que "Toyota a une politique stricte qui consiste à ne pas vendre de véhicules à des acheteurs qui pourraient les utiliser ou les modifier à des fins d'activités paramilitaires ou terroristes".

Le groupe a également précisé avoir "établi des procédures (...) dans le but d'empêcher ses produits d'être détournés en vue d'une utilisation militaire non-autorisée". Mais Toyota a mis en avant qu’"il est impossible pour un constructeur de contrôler les filières indirectes ou illégales via lesquelles ses véhicules" peuvent tomber entre de mauvaises mains. L'an dernier la marque a vendu plus de 820.000 véhicules au Moyen-Orient.