Pollution : fin de la navigation sur le Tibre

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Pontons arrachés et rives parsemées de déchets: les organisateurs de "Bateaux de Rome", le service touristique de navigation sur le Tibre, ont décidé pour la première fois depuis dix ans d'arrêter leur activité. "Comme tous les ans, les touristes et les Romains s'attendaient que l'on mette les bateaux à l'eau à partir de Pâques. Mais pour une question de respect envers eux, on ne l'a pas fait: on a honte de l'état d'abandon du Tibre", a déploré Mauro Pica Villa, un responsable de "Bateaux de Rome", un groupe équivalent aux bateaux-mouches parisiens.

Les grandes murailles blanches qui endiguent le fleuve sont désormais devenues grises, les rives et les quais sont pleins de déchets et les ponts sont assiégés par les clochards. "La dernière fois que le fleuve à été nettoyé, c'était en 2008 ! Et cela est visible de tous car les arbres qui se trouvent le long du Tibre se remplissent de sacs en plastique et autres ordures chaque fois que le fleuve sort de son lit", ce qui se produit plusieurs fois par an, a poursuivi Mauro Pica Villa. Selon ce responsable, la gestion de cette situation est rendue encore plus difficile par une loi de 1906 selon laquelle les eaux du Tibre sont considérées comme "maritimes" et non "communales". "Souvent, nous ne savons pas à qui nous adresser, car la mairie n'est pas responsable et les institutions qui s'occupent de la navigation maritime au sens propre du terme ont d'autres priorités", a-t-il expliqué.

"C'est dommage! Le tour était merveilleux..."

Lancé en 2003 par l'ancien maire de gauche Walter Veltroni, le service a été dès le début un succès, vendant en moyenne 40.000 tickets par an. La société offrait une promenade d'une heure environ à 12 euros ou un dîner-balade d'une durée de trois heures pour 52 euros. "Grâce à la navigation sur les eaux du Tibre, une partie de la capitale renaîtra, enfin!", avait promis à l'époque Walter Veltroni, qui voulait offrir un service comparable à celui des bateaux-mouche sur la Seine ou la Tamise.

"C'est vraiment dommage! Le tour que l'on offrait était merveilleux: on racontait l'histoire de Rome à travers celle de ses ponts", a conclu Mauro Pica Villa. Le Tibre, troisième fleuve italien (400 km de longueur), prend sa source dans les collines situées aux confins de la Toscane, de l'Émilie-Romagne et des Marches, et se jette dans la mer à Ostie, à une vingtaine de kilomètres de Rome.