Polanski pourrait aller "s’expliquer" aux Etats-Unis

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Polanski pourrait aller "s’expliquer" aux Etats-Unis
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Pour la première fois, un proche du cinéaste, l’avocat Me Georges Kiejman, a évoqué cette possibilité mercredi sur Europe 1.

"Il n’est pas complètement impossible que Roman Polanski choisisse d’aller enfin s’expliquer aux Etats-Unis, où […] les arguments en sa faveur ne sont pas inexistants", a affirmé mercredi matin sur Europe 1 l’avocat Georges Kiejman, conseil et ami de longue date du cinéaste franco-polonais âgé de 76 ans arrêté le 26 septembre à l'aéroport de Zurich, alors qu'il venait recevoir un prix.

La décision du Tribunal pénal fédéral qui, mardi, a estimé que Roman Polanski devait rester en détention en raison du risque de fuite "élevé compte tenu des motivations et des moyens" du cinéaste, est "l’application théorique d’une machine judiciaire qui comporte un traité d’extradition", juge-t-il. "Ca me parait totalement inutile à l’égard d’un homme de 76 ans qui n’est pas dans une parfaite santé et qui ne présente aucune dangerosité", regrette-t-il encore.

"Je dis à l’opinion publique de ne pas l’assimiler à bien des faits-divers dont on l’abreuve à juste titre", lance encore l’avocat français. "Le cas de Roman Polanski n’a rien à voir avec tout cela. C’est tout sauf un homme dangereux […] dans la vie, c’est un être sensible, généreux, bon époux, et tout ça depuis 32 ans", plaide-t-il.

Sur le fond de l’affaire, l’avocat français "pense que, le moment d’émotion passé, tout le monde va comprendre, qu’il faut ramener cette affaire à ses justes proportions." Il cite notamment la "lettre admirable de la victime, écrite il y a une dizaine d’années qui disait combien un procès public lui serait beaucoup plus préjudiciable à elle encore qu’à Roman, auquel elle avait totalement, définitivement pardonné, et dont elle souhaitait le retour en totale liberté aux Etats-Unis."

Revenant sur les conditions de sa détention, Me Georges Kiejman souligne que Roman Polanski est "soumis à un régime strict, qu[‘il] peut passer trois coups de téléphone par jour, et qu[‘il] est […] coupé du monde."

Depuis sa cellule, Polanski "réfléchit à la fin" du film qu’il était en train de tourner, titré The Ghost, affirme enfin Georges Kiejman. "Il réussit à donner quelques conseils à distance pour ceux qui sont chargés de l’achever [mais] il serait mieux qu’il le fasse lui-même", lance-t-il.

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