Plongée dans la bataille de Fallouja en Irak

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Le gouvernement irakien a lancé une opération reconquête dans ce fief de l'Etat islamique. L'une de nos reporters est partie en opération avec les soldats irakiens. 

REPORTAGE

Plus de 40.000 civils ont fui les combats de la ville de Fallouja depuis trois semaines. Le gouvernement irakien a en effet lancé une opération reconquête dans ce fief de l’Etat islamique et c’est sans doute l’une de leur bataille la plus difficile jusque-là. Une reporter d’Europe 1 a pu partir en opération avec les forces de sécurité irakiennes.  

"C’est la première fois que nous tirons autant". Plusieurs centaines de soldats sont rentrés dans les rues de Fallouja en pilonnant les combattants de l’Etat Islamique dans la nuit de mardi à mercredi. Un feu incessant s’est abattu sur la ville dans laquelle l'objectif des forces irakiennes est de protéger la progression d’une colonne de blindés qui y pénètrent. "C’est la première fois que nous tirons autant", a confié un gradé irakien à notre journaliste. Résultat, les tirs de roquettes ont transpercé l’obscurité du ciel toute la nuit dans la ville du centre du pays pendant que les unités blindées se sont elles frayées un chemin dans les nuages de poussière à travers les maisons de ciment.



Tous les habitants ont fui la ville et à l’arrière du convoi, les mortiers d’un brigadier protègent les forces irakiennes. Un brigadier qui s’efforce de calculer les coordonnées géographiques des djihadistes postés sur le flanc de l’armée irakienne. "On cible les check points de Daech car nos soldats progressent en parallèle. On tire donc tout le long du fleuve, l’Euphrate", a-t-il raconté.

Un fanatisme sidérant. Au lever du jour mercredi, les sourires se distinguaient sur les visages des soldats couverts de poussière. "Les terroristes sont partis", a jubilé l’un d’eux quand soudain, l’Etat islamique a contre-attaqué. Deux voitures piégées ont foncé dans la direction des soldats qui heureusement les ont stoppées à temps par des tirs. Ces soldats irakiens sont sidérés par le fanatisme de leurs ennemis. "On ne comprend pas pourquoi ces terroristes se battent. Il y a beaucoup d’étrangers, des arabes, des tchétchènes. Pourquoi ont-ils quitté leur pays ? Moi, si je me bats c’est pour protéger mon pays, mes enfants, ma mère et ma femme mais eux ? Je ne comprends pas", a ainsi expliqué au micro d’Europe 1 l'un d'entre eux.