Philippines : les survivants attendent toujours

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Philippines : les survivants attendent toujours
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REPORTAGE - Près d'une semaine après le passage du typhon, les habitants se désespèrent.

"D'une certaine manière, on nous a oubliés". Le maire de Bogo, une ville située à la pointe nord de l'île de Cebu dans l'archipel des Philippines, a un sourire un peu las.  Les dons ou promesses de dons continuent d'affluer du monde entier pour venir en aide aux rescapés du typhon Haiyan. Mais sur le terrain, les survivants attendent toujours d'en bénéficier. Certains commencent à se désespérer.

"L'aide commence tout juste à arriver", témoigne l'envoyé spécial d'Europe 1 sur place :



Philippines : "L'aide commence  tout juste à...par Europe1fr

L'urgence est partout. Dans toute la province de Cebu, on voit des centaines d'enfants le long de la grande route, la main tendue en signe de désespoir. Ils ont besoin d'eau et de nourriture. Mais les camions et véhicules militaires ne parviennent qu'en petit nombre dans la capitale provinciale, Cebu City. A Bogo, les réserves de riz, de conserves et de nouilles en préparation instantanée prévues pour trois jours sont épuisées dans 12 des 29 quartiers de la ville. Les autorités craignent l'apparition du choléra, maladie liée à la consommation d'eau ou d'aliments impropres. 

Un bilan encore incertain. Cinq jours après le passage du typhon, l'un des plus puissants jamais enregistrés avec des rafales atteignant 380 km/h et des vagues jusqu'à six mètres de hauteur, des localités n'ont toujours pas pu être contactées. Le président philippin, Benigno Aquino, a revu nettement à la baisse le bilan de la catastrophe de vendredi, qui serait plus proche des 2.000 à 2.500 morts que des 10.000 évoqués jusque-là, des commentaires accueillis avec scepticisme par certains responsables d'organisations humanitaires. Natasha Reyes, coordinatrice d'urgence pour Médecins sans frontières, juge le niveau de dévastation sans précédent pour l'archipel philippin, pourtant balayé régulièrement par les typhons. "Il y a des centaines de villes et villages s'étendant sur des milliers de kilomètres qui étaient sur le passage du typhon, avec lesquels toutes les communications sont coupées", dit-elle.

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