Patrons en France, ils pensent à Londres

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Patrons en France, ils pensent à Londres
Il y a quelques semaines, David Cameron a proposé de dérouler le "tapis rouge" aux Français tentés de fuir les hausses d'impôts.@ MAXPPP
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Le "tapis rouge" déroulé par David Cameron pour les exilés fiscaux semble intéresser.

Le sujet devrait être au programme des discussions entre François Hollande et David Cameron à Londres mardi. Le Premier ministre britannique s’est attiré les foudres de Paris il y a quelques semaines, en proposant de dérouler le "tapis rouge" aux patrons français tentés de fuir les hausses d’impôts. 

Le message de David Cameron semble avoir été entendu par les intéressés, selon une responsable de la Chambre de commerce française de Grande-Bretagne. Interrogée par Europe 1, Irène Regnier indique en effet avoir été contactée par deux fois plus de chefs d’entreprise français que l’année dernière à la même époque.

"Beaucoup plus sérieux"

Installés à Paris ou à Lille, ces patrons de PME envisagent de s’installer outre-Manche et sont demandeurs d’informations. "Ils sont beaucoup plus sérieux qu’ils ne l’étaient avant quand ils prenaient des renseignements", note Irène Regnier.

Jean-Philippe Delsol, un avocat fiscaliste interrogé par le journal britannique The Guardian, assure de son côté avoir constaté une "augmentation considérable" du nombre de clients cherchant à quitter la France : une dizaine ces deux derniers mois, contre seulement deux pour toute l’année dernière. Et il affirme que de plus en plus de patrons entre 35 et 45 ans envisagent d’aller s’installer à Londres.

Pas de quotient familial

Pour les Britanniques, la taxation à 75% pour les plus riches est notamment "difficile à comprendre", selon Sophie Pedder, correspondante de The Economist à Paris.

Les entrepreneurs français cherchent, eux, à savoir comment ils peuvent créer leur entreprise outre-Manche, mais se renseignent aussi sur des détails plus pratiques : où se loger et comment inscrire les enfants à l’école. Quitte à déchanter parfois, en découvrant que le quotient familial n’existe pas en Grande-Bretagne, et que les revenus supérieurs à 200.000 euros par an y sont actuellement taxés à 50%.