Pape en Centrafrique : le pays espère tourner la page des violences

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Pape en Centrafrique : le pays espère tourner la page des violences
Le pape François est arrivé dimanche matin à Bangui pour la troisième étape de sa tournée africaine.@ AFP
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INTERNATIONAL - Après le Kenya et l'Ouganda, le Pape François est en Centrafrique, un pays à peine remis de sa guerre civile.

Important dispositif de sécurité. Le pape François s'est rendu en Centrafrique dimanche matin, dernière étape de sa tournée africaine, après le Kenya et l'Ouganda. Dans ce pays encore marqué par la guerre civile, la visite du souverain pontife faisait l'objet d'un très important dispositif de sécurité. De nombreux fourgons de casques bleus, des hélicoptères des Nations unies et des forces de polices centrafricaines étaient déployés tout au long du parcours. Ils assuraient la sécurité du cortège alors que des milliers de personnes s'étaient postées le long du trajet pour venir accueillir le pape François.

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"Tout va changer". Pour une habitante de Bangui, cette visite va tout changer : "Il fallait qu'un homme de Dieu vienne pour changer la destinée de la Centrafrique. Nous savons qu'il est arrivé pour ce changement et que la paix va revenir", s'est-elle réjouie au micro d'Europe 1. Lors du discours d’accueil, la présidente centrafricaine de transition Catherine Samba-Panza s'est également félicitée de la venue du souverain pontife : "Votre visite est vécue comme une bénédiction du ciel (...), comme une victoire de la foi sur la peur, sur l'incrédulité, et une victoire de la compassion et de la solidarité de l'Eglise universelle".

Le pape compte sur les élections de décembre. A Bangui, le pape a lancé un appel à résister à la "tentation de la peur de l'autre", d'une ethnie ou de religions différentes. Il a également espéré que les élections présidentielles et législatives - dont le premier tour est prévu le 27 décembre - vont aider à "ouvrir une nouvelle étape".

Le pays a basculé dans la violence après la prise du pouvoir à Bangui de la rébellion à majorité musulmane de la Séléka en mars 2013, qui a commis de graves exactions à l'encontre des civils. Ces violences ont entraîné un cycle infernal de représailles inter-communautaires entre combattants séléka et milicens majoritairement chrétiens anti-Balaka. L'intervention militaire française en décembre 2013 a chassé la Séléka du pouvoir mais depuis, la Centrafrique reste enlisée dans les violences entre musulmans et chrétiens.