Le nom de Gianni Infantino, président de la Fifa, cité dans les "Panama Papers"

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Le nom de Gianni Infantino, président de la Fifa, cité dans les "Panama Papers"
@ FABRICE COFFRINI / AFP
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Gianni Infantino a signé un étrange contrat de droits télévisés en 2006, alors qu’il était directeur des affaires juridiques de l’UEFA.

Après Lionel Messi ou encore Michel Platini, une autre personnalité éminente du football est citée dans les "Panama Papers". Mardi soir, c’est au tour de Gianni Infantino, le tout frais président de la Fifa, de voir son nom cité dans ce scandale mondial d’évasion fiscale. Le Suisse, alors directeur juridique de l’UEFA, a signé des contrats commerciaux douteux en 2006 et 2007 avec deux hommes d’affaires poursuivis dans le scandale de corruption de la Fifa, selon les informations du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, mardi soir. Le président de la Fifa a réagi dans la soirée par communiqué, en indiquant que "rien n'indique qu'un méfait a été commis par l'UEFA ou par moi-même."

  • Quels contrats sont concernés ?

Ces contrats concernent des droits télévisés des compétitions européennes, cédés par l’UEFA à la société Cross Trading pour des prix largement inférieurs à ceux du marché, explique Le Monde. Cette entreprise offshore, basée sur l’île de Niue, dans le Pacifique, puis aux Seychelles et dans le Nevada, est alors détenue par deux hommes d’affaires argentins, Hugo et Mariano Jinkis. La société Cross Trading a ainsi acquis les droits télévisions de la Ligue des champions pour 2006 à 2009 au prix de 111.000 dollars. Avant de les revendre près de trois fois plus cher (311.170 dollars) à un groupe télévisé équatorien...

Problème supplémentaire : Gianni Infantino a paraphé ces contrats avec ces deux hommes d’affaires argentins, tous deux impliqués dans le scandale de corruption de la Fifa. En effet, Hugo et Mariano Jinkis ont été placés en détention provisoire et inculpés en mai 2015 par le parquet fédéral de New-York dans le cadre de l’enquête sur le scandale de corruption à la Fifa. Ce qu’on leur reproche : le versement de dizaines de millions de dollars de pots de vin.

  • Pourquoi est-ce gênant pour Gianni Infantino ?

Le quotidien allemand a contacté à plusieurs reprises l’UEFA et la Fifa pour obtenir des explications sur ces contrats douteux. Le porte-parole de la Fifa a répondu, début mars, que Gianni Infantino n’avait jamais eu affaire "avec l’une des personnes ou organisations nommées". Deux semaines plus tard, le Süddeutsche Zeitung a envoyé les détails de ces contrats signés par Gianni Infantino, et a obtenu une réponse de l’UEFA.

L’instance européenne a finalement avoué la conclusion de ces accords, avant de mettre en avant sa bonne foi. "Nous ne savions pas qui étaient à l'époque les véritables propriétaires de Cross Trading ", a indiqué l’UEFA. La Fifa, elle, se défend de toute irrégularité.