Oxford conserve sa statue controversée de Cecil Rhodes

  • A
  • A
Oxford conserve sa statue controversée de Cecil Rhodes
Partagez sur :

 Selon le Daily Telegraph, la crainte de perdre jusqu'à 100 millions de livres (130 million d'euros) ne serait pas étrangère à la décision du statu quo.

Une statue datant du 19e siècle du colonisateur et suprémaciste blanc Cecil John Rhodes va rester en place à Oxford, a tranché vendredi la prestigieuse université britannique, en dépit d'une campagne demandant à la faire "tomber".

Un colon et un suprémaciste blanc. La campagne Rhodes Must Fall In Oxford ("Rhodes doit tomber à Oxford") avait milité pour déboulonner la statue du fondateur de la société minière De Beers (1853-1902), qui fut l'un des artisans de l'expansion coloniale de l'empire britannique en Afrique australe. Salie par la pollution et les pigeons, sa statue en calcaire est placée au coeur de la ville universitaire, sur la façade d'un bâtiment d'Oriel College. A la suite de la campagne, Oriel College avait lancé une consultation auprès des étudiants, des professeurs, des anciens et des associations vouées au patrimoine.

Un riche donateur de l'université. Résultat: "pour des raisons variées, une grande majorité souhaite que la statue reste en place", a indiqué Oriel College dans un communiqué. Selon le Daily Telegraph, la crainte de perdre jusqu'à 100 millions de livres (130 million d'euros) ne serait pas étrangère à la décision du statu quo. Rhodes avait donné une partie de sa fortune à l'université et des "bourses Rhodes" ont permis à 8.000 étudiants du monde entier de venir étudier à Oxford, dont l'ancien président américain Bill Clinton et l'ex-Premier ministre australien Tony Abbott.

Un "oppresseur" décrié à Cape Town. La campagne Rhodes Must Fall In Oxford avait suivi celle qui avait abouti en avril 2015 au retrait d'une autre statue de Rhodes, à l'Université du Cap, en Afrique du Sud. Des étudiants y voyaient un symbole de l'oppression imposée aux Noirs par la minorité blanche qui a dominé ce pays jusqu'en 1994. Rhodes, dont le rêve avait été de construire une ligne de chemin de fer du Cap au Caire, a donné son nom à la Rhodésie (aujourd'hui Zimbabwe).