Otan : un sommet, trois dossiers

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Otan : un sommet, trois dossiers
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L'Afghanistan, l'Iran et la Syrie seront au centre des débats, dimanche à Chicago.

Après Berlin, où François Hollande a établi un premier contact avec la chancelière allemande Angela Merkel sur fond de crise grecque, le marathon diplomatique du nouveau président de la République se poursuit aux Etats-Unis. A Chicago, dimanche, les dossiers internationaux occuperont toutes les discussions lors du sommet de l'Otan : principalement le retrait de  l'Afghanistan, le nucléaire iranien et la guerre civile syrienne.

L'Afghanistan, dossier brûlant

François Hollande est très attendu sur le sujet. Alors que Nicolas Sarkozy avait acté avec l'ensemble des alliés un retrait pour 2014, le nouveau Président avait affirmé durant la campagne que les 3.400 soldats français seraient de retour "fin 2012". "Les promesses électorales et la réalité sont deux choses différentes", estime un responsable militaire français, jugeant plus réaliste un retrait pour la mi-2013. Pour préparer le séjour américain de François Hollande, l'administration Obama a envoyé à Paris le 11 mai une délégation comprenant le secrétaire adjoint aux Affaires européennes, Philip Gordon. Il aura l'occasion d'en parler de vive voix avec le président américain, lors de leur entretien vendredi.

Statu quo sur le nucléaire iranien

Sujet majeur pour Washington, le nucléaire iranien est suivi avec attention par la France. Et sur ce dossier, François Hollande n'a pas l'intention de se démarquer de son prédécesseur. "Je le confirmerai avec la même force et la même volonté", a-t-il expliqué au site Slate.fr. "Les sanctions doivent être renforcées autant qu'il sera nécessaire. Mais je crois encore possible la négociation pour atteindre le but recherché". L'hôte de l'Elysée aurait peu apprécié la récente visite à Téhéran de l'ancien Premier ministre Michel Rocard, qualifiée d'"initiative personnelle". Une affaire qui rappelle le séjour controversé de l'ancien président Jimmy Carter l'an dernier à Pyongyang, en Corée du Nord. "On a dit aux Américains que ça ressemblait un peu à ça, et ils l'ont très bien compris", souligne un diplomate français.

Dans les pas de l'Onu en Syrie

L'épineux dossier syrien ne laisse pas non plus indifférent le nouveau président français. Mais la complexité diplomatique entourant une intervention extérieure pour déloger Bachar al-Assad et tenter de pacifier le pays fige toute décision en ce sens. François Hollande suit donc là encore la même ligne que Nicolas Sarkozy, comme il l'avait expliqué durant la campagne : il engagerait des troupes françaises uniquement si l'Onu décidait d'intervenir, "pour protéger les civils".

L'engagement au sein de l'Otan en question

Sans remettre en cause la décision prise en 2008 par Nicolas Sarkozy de remettre la France dans le commandement intégré de l'Otan, dont elle était absente depuis 1966 sur ordre du général de Gaulle, François Hollande a demandé une évaluation sur le sujet. "Il faudra que les choses soient suffisamment claires pour que nous puissions nous engager", prévient ainsi un conseiller du président, qui s'est en outre déclaré "réticent" sur le projet de bouclier antimissile de l'Otan défendu par Washington.