Otages français : "plutôt un bon signe"

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Otages français : "plutôt un bon signe"
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La vidéo diffusée mercredi est analysée par les spécialistes comme un geste dans la médiation.

Al-Qaïda au Maghreb islamique, Aqmi, a diffusé mardi une vidéo contenant des messages des quatre otages français au Niger, suppliant Nicolas Sarkozy de retirer les troupes françaises d'Afghanistan. Un message qui constitue une preuve de vie, à la fois encourageante et inquiétante pour les spécialistes.

Cette vidéo est "plutôt un bon signe dans un contexte actuel de négociations", estime Mathieu Guidère. "Nous sommes dans une phase de médiation depuis deux mois et il fallait à tout prix qu'Aqmi donne des preuves tangibles de vie, sinon la négociation n'avait pas lieu d'être", commente cet expert d'Aqmi au micro d'Europe 1.

Pour Louis Caprioli, expert de l'anti-terrorisme, "le son de leur voix est rassurant car cela prouve que ces otages sont toujours en vie". Interrogé sur Europe 1, il estime toutefois que c'est "aussi inquiétant parce que les exigences des terroristes sont d’un niveau politique très élevé".

Montrer "qu'elle joue avec une grande puissance"

Pour l’expert, l’organisation Aqmi "connaît la position de la France, mais elle met une pression pour pouvoir exister médiatiquement et c’est cela qui est important pour elle : qu’on parle d’elle dans le monde, mais aussi auprès de ses membres pour montrer qu’elle a une existence et qu’elle joue avec une grande puissance étrangère", souligne-t-il.

En fin de semaine dernière, une source proche de la médiation avait indiqué qu'Aqmi réclamait le départ des soldats français d'Afghanistan en plus d'une rançon de 90 millions d'euros. Aqmi retient en otages les quatre Français qui faisaient partie d'un groupe de sept personnes enlevées le 16 septembre 2010 à Arlit, un site d'extraction d'uranium dans le nord du Niger du groupe nucléaire français Areva.

Le 24 février, trois des otages (une Française, un Togolais et un Malgache) avaient été relâchés près du point de jonction des frontières de l'Algérie, du Mali et du Niger. Une source malienne proche du dossier avait indiqué la semaine dernière qu'un groupe de médiateurs était actuellement dans le fief des ravisseurs dans un pays du Sahel non désigné, pour un nouveau round de négociations.