Otages d'Aqmi : une enquête ouverte

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Otages d'Aqmi : une enquête ouverte
@ MAXPPP
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L'enlèvement de 5 Français au Niger par Al-Qaïda au Maghreb islamique a été authentifié mercredi.

La piste est confirmée : Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l'enlèvement des cinq Français au Niger jeudi dernier. Le message a été diffusé mardi soir via le site internet de la chaîne qatarie Al-Jazira. Un message officiellement authentifié mercredi par le ministère des Affaires étrangères, qui a "de bonnes raisons de penser que les otages sont en vie".

"Al-Qaïda au Maghreb islamique procède toujours de cette façon quand ils revendiquent une prise d'otages ou un attentat", a réagi le ministre de la Défense Hervé Morin sur Radio Classique mercredi matin. Le ministre a ajouté attendre désormais les détails des demandes promises par Aqmi: "Il nous appartient d'attendre les revendications précises, que nous n'avons pas".

Le parquet de Paris, compétent en matière terroriste, a ouvert mercredi une enquête préliminaire après cet enlèvement. Elle a été confiée aux policiers de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

Un extrait du message de l'Aqmi, traduit par Marc Messier pour Europe 1 :







Des demandes "légitimes"

"En dépit des strictes mesures militaires et des multiples barrages de sécurité, "les lions de l'islam" ont réussi à déjouer tous les dispositifs de surveillance et à enlever cinq experts français du nucléaire travaillant pour la compagnie Areva", a déclaré un porte-parole d'Aqmi dans un message audio diffusé par Al-Jazira. Le groupe était mené par Abou Zeid, précise le message. "Nous mettons également en garde (le gouvernement français) contre toute autre stupidité", a ajouté le porte-parole en allusion à une opération militaire.

Aqmi a indiqué qu'il allait faire des demandes à la France. "En annonçant notre revendication de cette opération, nous informons le gouvernement français que les Moujahidines vont lui transmettre ultérieurement leurs demandes légitimes", a dit le porte-parole, identifié comme Salah Abi Mohammed par Al-Jazira. Une des hypothèses envisagées est que Abou Zeid pourrait vouloir obtenir la libération de prisonniers d'Al-Qaïda détenus en Mauritanie.

Dans le nord du Mali, Abdelhamid Abou Zeid dirige le groupe d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) considéré comme responsable de l'assassinat en mai 2009 de l'otage britannique Edwin Dyer et de la mort de l'otage français Michel Germaneau en juillet 2010.

Les otages "sains et saufs"

La piste Al-Qaïda au Maghreb islamique avait été évoquée dès la semaine dernière par Bernard Kouchner. Le ministre des Affaires étrangères, invité d’Europe 1, avait alors visé "la mouvance Aqmi", sans plus de détails.

Le gouvernement du Niger a fait savoir mardi que les otages étaient "sains et saufs". "Notre objectif, c'est de ramener les otages sains et saufs pour qu'ils retrouvent leurs familles, c'est d'anéantir les ravisseurs", a assuré le porte-parole du gouvernement nigérien. Les otages seraient désormais retenus dans le nord-est du Mali, dans une zone montagneuse du désert, adossée à l'Algérie, selon différentes sources dans la région.

Un conseil de sécurité à l'Elysée

En France, Nicolas Sarkozy a réuni mardi soir un Conseil restreint de défense et de sécurité à l'Elysée sur les questions de terrorisme et d'otages. Mais l'opposition, via le Parlement, exige d'être tenue au courant. François Fillon, le Premier ministre, a assuré en ce sens qu'il allait prendre contact "très rapidement" avec les parlementaires.

Selon des responsables américains, la France aurait demandé l'aide de l'armée américaine pour tenter localiser les otages. Ils ont toutefois refusé de donner le moindre détail sur cette assistance qui pourrait, selon les experts, aller de l'imagerie satellite à l'envoi de drones. A Paris, le ministre de la Défense, Hervé Morin, a souhaité que les otages français "puissent revenir le plus rapidement possible". "Cela impose que nous mettions tout en oeuvre pour cela et c'est ce que nous faisons", a-t-il dit.