Oradour : une enquête 67 ans après

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Oradour : une enquête 67 ans après
642 personnes, dont 247 enfants, avaient péri en juin 1944 lors du massacre d'Oradour-sur-Glane.@ MaxPPP
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Des investigations visent six octogénaires allemands, soupçonnés d’avoir participé au massacre.

67 ans après les faits, le massacre d'Oradour-sur-Glane refait parler de lui. Des perquisitions ont en effet été menées lundi en Allemagne chez six octogénaires soupçonnés d'avoir participé à la tuerie dans le village français, le 10 juin 1944.

Les six suspects, âgés de 85 à 86 ans, qui habitent différentes villes d'Allemagne, étaient membres de la 3e division de Panzergrenadier "Der Führer" qui a tué au moins 642 personnes, dont 247 enfants, dans le village d'Oradour-sur-Glane, en Haute-Vienne. Il s'agit du plus grand massacre de civils commis en France par les armées allemandes.

Aucun document important n’a été trouvé

Ces investigations, menées "au cours des dernières semaines", à la demande de l'office fédéral chargé de l'élucidation des crimes nazis, n'ont cependant pas permis de mettre la main sur des documents importants, ont précisé dans un communiqué commun la police de Rhénanie du nord et le parquet de Dortmund. C'est ce dernier qui, en Allemagne, est chargé d’enquêter sur les crimes nazis. Une cellule spéciale a été ouverte 2000, avec du personnel francophone, pour tenter précisément de faire la lumière sur le massacre d’Oradour-sur-Glane, mais aussi sur celui de Maillé, en Indre-et-Loire, quelques semaines plus tard.

Les suspects, dont certains sont considérés pour le moment par les enquêteurs comme inaptes à être entendus par la justice, affirment ne pas avoir pris part au massacre. Jusqu’à présent, ils n’avaient jamais été inquiétés, mais leur nom figurait sur les documents de la police politique est-allemande, la Stasi. Et c’est presque par hasard qu’on les a retrouvés dans les 120 kilomètres de rayonnage des archives.

Un survivant "agréablement surpris"

L'un des deux derniers survivants du massacres s'est réjoui de ce rebondissement. "Je suis surpris, même agréablement surpris, qu'il y ait toujours des recherches, que les Allemands recherchent toujours des criminels", a déclaré Robert Hébras, 86 ans. "Maintenant, il faut en savoir plus" mais "si ce sont des criminels de guerre, ils doivent évidemment être jugés", a-t-il ajouté.

Toutefois, "cela me surprendrait qu'il s'agisse de donneurs d'ordres : à l'époque, ils devaient avoir mon âge, à peine 19 ans", a estimé Robert Hébras, qui réside à Saint-Junien, non loin d'Oradour.