ONU : le Conseil de sécurité s'empare du dossier égyptien

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ONU : le Conseil de sécurité s'empare du dossier égyptien
Les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU tiendront jeudi après-midi à New York des consultations d'urgence à huis clos sur la crise en Egypte, ont indiqué des diplomates.
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ESSENTIEL - Suivez l'évolution de la situation en Egypte et dans le reste du pays, tout au long de la journée.

#L'ESSENTIEL

• L'Egypte compte ses morts et le bilan ne cesse de s'alourdir depuis mercredi : 525 morts selon le bilan officiel. Les Frères musulmans estiment que ce chiffre est bien plus élevé.
• Des centaines de partisans des Frères musulmans ont pris d'assaut jeudi un bâtiment administratif au Caire.
• François Hollande a convoqué l'ambassadeur d'Egypte en France à l'Elysée.
• Le président américain a condamné les violences et a affirmé que l’Égypte était "sur un chemin dangereux".
• Le Conseil de sécurité de l'ONU va se réunir.

#LE BILAN HUMAIN

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© Reuters

• Combien de victimes ? Le ministère de la Santé a fait état de 525 morts -482 civils et 43 policiers-, selon un nouveau bilan, et plus de 3.500 blessés dans les affrontements entre islamistes et forces de l'ordre au Caire, à Alexandrie et dans de nombreuses autres villes du pays. Selon le chef des services d'urgence égyptiens 202 personnes ont péri sur la seule place Rabaa al-Adawiya. Les Frères musulmans affirment que le bilan est beaucoup plus lourd. L'un de leurs porte-parole a évoqué 2.000 morts dans ce qu'il a qualifié de "massacre". Deux policiers ont été tués jeudi dans deux provinces d'Egypte, ont affirmé des responsables de la sécurité.

#LA SITUATION SUR LE TERRAIN

• Les Frères musulmans incendient un bâtiment officiel. L'état d'urgence dans lequel l'Egypte a vécu durant toute la présidence d'Hosni Moubarak est de nouveau en vigueur ce jeudi. Un couvre-feu nocturne au Caire et dans 10 autres provinces a été instauré mercredi soir. Mais les Frères musulmans ne désarment pas. Il ont appelé jeudi à de nouvelles manifestations dans l'après-midi au Caire et promis de mettre en échec le "coup d'Etat militaire". Des centaines de partisans des Frères musulmans ont pris d'assaut jeudi un bâtiment administratif au Caire en mettant le feu à son entrée, rapportent la télévision publique égyptienne et des témoins. Le ministère de l'Intérieur a annoncé jeudi que la police était autorisée à tirer sur les manifestants attaquant des biens publics.



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• L'armée à nouveau en charge du pouvoir ? Mercredi soir, au Caire, policiers et soldats aidés de civils armés de bâtons et de machettes faisaient respecter le couvre-feu, fouillant les voitures et vérifiant les papiers d'identité des passants à des barrages de fortune formés de pneus et de blocs de béton. Les militaires, qui se défendent de vouloir reprendre le pouvoir, affirment avoir agi à la demande des millions de manifestants hostiles aux Frères musulmans descendus le 30 juin dans les rues du pays. Jeudi, la justice égyptienne a prolongé de 30 jours la période de détention de l'ex-président Mohamed Morsi.

• Grenades, bulldozers et balles réelles. Policiers et militaires ont utilisé mercredi des bulldozers, tiré des grenades lacrymogènes et ouvert le feu à balles réelles pour démanteler les campements islamistes. Une opération qui s'est transformée en gigantesque bain de sang :

• Les places sous contrôle. Les autorités intérimaires ont prévenu qu'elles ne toléreraient aucun nouveau sit-in ou nouvelles violences, après avoir salué "la très grande retenue" de la police. Elles disent contrôler les deux places qui étaient occupées : Rabaa al-Adawiya et Nahda.

# LA CRISE POLTIQUE

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© REUTERS

• Une démission symbolique. Mohamed ElBaradeï, caution libérale du renversement de Mohamed Morsi par l'armée, a démissionné mercredi de ses fonctions de vice-président afin de ne "pas assumer la responsabilité de décisions avec lesquelles (il est) en désaccord et dont (il) craint les conséquences".

Les autres libéraux et technocrates participant au nouveau pouvoir ne lui ont pas emboîté le pas. S'exprimant à la télévision, le Premier ministre par intérim, Hazem el Beblaoui, a parlé d'un "jour difficile" pour l'Egypte. Il a cependant ajouté que le gouvernement n'avait eu d'autre choix que de démanteler par la force les rassemblements des Frères musulmans. "Nous avons jugé que les choses avaient atteint un point qu'aucun Etat se respectant ne pouvait accepter", a-t-il dit.

 #LES RÉACTIONS

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© Reuters

• Hollande convoque l'ambassadeur. L'ambassadeur d'Egypte en France a été convoqué à l'Elysée jeudi matin. François Hollande lui a fait part des préoccupations. Le chef de l'Etat "a condamné avec la plus grande fermeté les violences sanglantes intervenues en Egypte et demandé un arrêt immédiat de la répression", indique la présidence. "Il a souligné que l'état d'urgence devait être levé rapidement." "Tout doit être mis en oeuvre pour éviter la guerre civile", a également déclaré François Hollande au cours de l'entretien avec l'ambassadeur. "La libération de prisonniers, dans le respect des procédures judiciaires en cours, pourrait constituer un premier pas vers la reprise de pourparlers", a ajouté le chef de l'Etat. 

>> A lire aussi : l'ambassadeur d'Egypte à Paris convoqué par Hollande.

• Obama demande la levée de l'état d'urgence. Dans une allocution audio sur son lieu de vacances, le président américain Barack Obama a condamné "avec force" les violences en Egypte. Il a affirmé que le pays était sur "un chemin dangereux" et a annoncé que les Etats-Unis annulaient leurs manœuvres militaires conjointes avec le Caire le mois prochain. Le locataire de la Maison-Blanche a également réclamé le levée de l'état d'urgence et le début d'un processus de réconciliation nationale. Un peu plus tard, les Etats-Unis ont incité leurs ressortissants de quitter l'Egypte.

• Une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU. Les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU tiendront jeudi après-midi à New York des consultations d'urgence à huis clos sur la crise en Egypte, ont indiqué jeudi des diplomates. Cette réunion se tient à la demande conjointe de la France, du Royaume-Uni et de l'Australie, à la suite de la répression sanglante par la police et l'armée des manifestations au Caire, largement dénoncée par la communauté internationale.