Omar, migrant : "Les gens suffoquaient dans le bateau"

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Omar, migrant : "Les gens suffoquaient dans le bateau"
@ Sébastien Guyot / Europe 1
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TÉMOIGNAGE - Les naufrages d’embarcations remplies de migrants se multiplient en mer Méditerranée. Omar, un Soudanais de 42 ans, a effectué cette traversée périlleuse.

Le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) a annoncé mardi matin que 800 personnes avaient péri dans le naufrage d'un chalutier dimanche au large de la Libye. Depuis plusieurs semaines, les drames se succèdent et se ressemblent. Le HCR a par ailleurs estimé que 35.000 migrants étaient arrivés dans le sud de l'Europe depuis le début de l'année 2015. Nous avons rencontré l’un d’entre eux. Omar, 42 ans, est parti du Soudan pour rejoindre l’Europe. Aujourd’hui, il vit à Paris.  

4.000 euros pour rejoindre l’Europe. Omar vit dans un camp de miraculés, en plein cœur de Paris, sous le métro aérien, à la station La Chapelle. Environ 200 tentes collées les unes aux autres abritent des migrants. Il y a des Érythréens mais aussi des Soudanais. Tous ont fui la misère, comme Omar, qui a laissé sa femme et ses cinq enfants au pays. Il y a neuf mois, il a tout vendu pour payer les passeurs. Il a déboursé 4.000 euros pour rejoindre la Libye à travers le désert et gagner l’Europe sur une embarcation de fortune.

Migrants Méditerranée AFP 640

© AFP/MARINA MILITARE ITALIANA

"Les gens suffoquaient dans le bateau". Neuf mois après, Omar a accepté de nous raconter son douloureux voyage. Sur le bateau, les passeurs avaient regroupé 300 personnes. "Pendant trois jours, on n’a pas vu une seule goutte d’eau", nous confie Omar. "Dans la cale, les gens étaient entassés et certains n’arrivaient plus à respirer. Ils suffoquaient. A ce moment-là, on voit la mort arriver. D’autant qu’il y avait un trou dans notre bateau et que l’eau rentrait. On s’est dit 'c’est la fin'. Un bateau italien va finalement leur sauver la vie.

Des passeurs en plein cœur de Paris. Omar restera quelques jours à Catane, en Sicile, avant de gagner la France en train. Direction ensuite ce camp de migrants, dans le XVIIIe arrondissement de la capitale. Depuis peu, il dort à l’hôtel, pris en charge par l’association France terre d’asile. Il espère obtenir le statut de réfugié. D’autres au contraire souhaitent poursuivre leur chemin vers l’Angleterre, la Belgique ou l’Allemagne. Et là, en plein Paris, des passeurs guettent et proposent leurs services à tous les migrants. Pour rejoindre la Belgique, chaque migrant doit par exemple débourser 400 euros.

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