Obama tourne le dos au bouclier antimissiles

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Obama tourne le dos au bouclier antimissiles
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L'administration américaine abandonne l’idée de développer des bases militaires en République tchèque et en Pologne.

Barack Obama va prochainement tourner une nouvelle page de l’administration Bush. Le président américain s’apprête à renoncer au projet de bouclier antimissiles, cher à son prédécesseur, du moins sous sa forme actuelle. L’installation des principaux éléments en République tchèque et en Pologne, dossier qui empoisonnait les relations russo-américaines, est donc abandonnée. Geoff Morrell, le porte-parole du Pentagone a annoncé "un ajustement majeur et une amélioration du système de défense antimissile européen".

Au départ destiné à contrer la menace nucléaire iranienne, le bouclier antimissiles est abandonné, selon le Wall Street Journal, suite au constat que le programme balistique de longue portée de l'Iran n'a pas progressé aussi vite que prévu. L’administration Obama se réserverait la possibilité de relancer le projet si Téhéran faisait des progrès sensibles en matière de missiles à longue portée.

Les relations entre les Etats-Unis et la Russie, qui a toujours dit son hostilité au projet de bouclier, pourraient s’en trouver largement améliorées. Pour l’heure, à Moscou, on se montre prudent. "Nous attendons confirmation de ces informations", déclare-t-on au ministère des Affaires étrangères. "Sur le principe, un tel développement contribuerait au développement de nos relations bilatérales avec les Etats-Unis", glisse-t-on déjà.

Il s'agit effectivement d'un grand pas envers la Russie, confirme François Clémenceau, correspondant d'Europe 1 à Washington :



Plusieurs dirigeants européens ont salué la décision de Barack Obama. Nicolas Sarkozy l'a jugée "excellente à tout point de vue" et a dit "espérer que nos amis russes attacheront de l'importance à cette décision". Le premier ministre britannique Gordon Browm a assuré qu'il la soutenait "pleinement" alors que la chancelière allemande Angela Merkel a évoqué "un signal d'espoir". La République tchèque, où devaient être installés les éléments du bouclier américain, a évité toute critique à l'égard de Washington.

Mais en Pologne, où des éléments du bouclier devaient également être installés, Witold Waszczykowski, du conseil présidentiel de la sécurité nationale, n'a pas hésité à dénoncer une décision "très néfaste. Sans ce bouclier, nous perdrions de facto une alliance stratégique avec Washington", a-t-il déclaré . Entre Varsovie et Moscou, Barack Obama semble avoir fait son choix.

Enfin, aux Etats-Unis, la décision a suscité l'indignation du camp républicain. Le sénateur John McCain, ancien rival de Barack Obama à la présidentielle, a estimé qu'elle constituait "une grave erreur". Selon lui, cette décision "remet en question la sécurité et l'engagement diplomatique des Etats-Unis envers la Pologne et la République tchèque et risque de saper la perception du leadership américain en Europe de l'est".