Obama à l'heure du compromis

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Obama à l'heure du compromis
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A peine réélu, le président américain doit composer avec les républicains sur "le mur budgétaire".

"Des compromis sont nécessaires pour faire avancer les Etats-Unis", a déclaré mercredi Barack Obama. A peine a-t-il fêté sa victoire, que le président américain annonce que la voie des quatre prochaines années sera celle du compromis.

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La main tendue aux républicains

Au Congrès d’abord - qui comprend le Sénat et la Chambre des représentants - le président réélu devra continuer de composer avec cette dernière restée acquise aux républicains, avec, pour le moment 191 sièges démocrates contre 232. Cette cohabitation prolongée risque de décevoir ceux qui, dans les deux camps, espéraient voir les électeurs délivrer au Congrès un mandat clair sur des sujets comme le déficit ou l'immigration.

Dans son premier discours après sa victoire, Barack Obama s'est adressé à l'opposition en se disant "impatient de tendre la main et de coopérer" avec les deux partis sur ces dossiers.  Avant lui, le chef de file des représentants républicains, John Boehner, s'était déclaré prêt à la même démarche.

Deux ans, au moins, de cohabitation

Les résultats de mardi préfigurent au moins deux années supplémentaires de cohabitation entre un président démocrate - au moins jusqu'aux élections de mi-mandat qui se tiendront en 2014 - dont le parti semble appelé à conserver le contrôle du Sénat et une Chambre des représentants à domination républicaine.

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Pour Sarah Binder, universitaire de la Brookings Institution, les républicains pourraient conserver la majorité à la Chambre pendant plus longtemps : elle parle d'un "avantage structurel" qu'elle explique par "la manière dont les électeurs républicains sont répartis dans tout le pays (...) avec des points forts dans les zones périurbaines et rurales".

Les démocrates conservent en revanche leur courte majorité au Sénat, selon les dernières estimations du Washington Post, qui les créditent de 51 sièges contre 44 élus pour les républicains et deux pour des indépendants, avec trois sièges encore indécis.

Eviter "le mur budgétaire"

Cette configuration politique signifie que le fonctionnement entre la Maison-Blanche et le Congrès va être le même que celui en place depuis les élections de mi-mandat en 2010. Et ce alors que l'urgence du "mur budgétaire" se profile. Sans accord au Congrès, des coupes automatiques interviendront début 2013 dans les dépenses publiques et les baisses d'impôts décidées sous George Bush et reconduites en 2010 seront supprimées, menaçant de faire replonger le pays en récession.

Mais démocrates et républicains ne sont pour l'heure pas sur la même longueur d'ondes, Barack Obama estimant notamment que ces baisses d'impôts ne devraient être reconduites que pour les revenus annuels inférieurs à 200.000 ou 250.000 dollars, selon la composition des foyers fiscaux. Les républicains eux ne veulent pas d'un plafond. Il faudra donc trouver un moyen de s’entendre.