Nucléaire : que fait l'Iran à la centrale d'Arak?

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Nucléaire : que fait l'Iran à la centrale d'Arak?
@ (Reuters)
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Les grandes puissances soupçonnent Téhéran de vouloir développer dans la centrale d'Arak la filière alternative du plutonium. 

La centrale à eau lourde d'Arak est cette semaine encore au cœur des négociations entre l'Iran et les grandes puissances (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne) à Genève. Il y a dix jours, les discussions sur le nucléaire iranien avaient notamment achoppé sur la fermeture de ce réacteur de 40 mégawatts. Et pour cause : il est l'un des sites sensibles du programme nucléaire de Téhéran. Sa construction, entamée en 2004 sous le contrôle partiel de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA), n'est toujours pas achevée. Mais selon différentes estimations, elle pourrait entrer en service entre fin 2014 et début 2015. Elle est ainsi l'objet de tous les soupçons.

Que veut en faire Téhéran ? Selon le régime iranien, la centrale d'Arak est officiellement destinée à produire des isotopes pour des traitements médicaux. Elle n'aurait donc d'autre finalité que civile. Mais en théorie, elle peut aussi fournir à l'Iran du plutonium susceptible d'offrir une alternative à l'uranium enrichi pour la fabrication d'une bombe atomique. Cependant, avant que du plutonium puisse en être extrait, la centrale doit être opérationnelle pendant au moins un an. Et pour que le combustible irradié soit ensuite utilisé à des fins militaires, il faut des installations permettant de traiter le plutonium. Or, l'Iran n'en possède pas. Ou du moins pas encore.

Les plans secrets de Téhéran ? Selon Le Figaro, Téhéran envisage la création d'une usine destinée à traiter des combustibles nucléaires irradiés et à séparer le plutonium. Des plans de cette usine, baptisée "IR-10", font apparaître, toujours selon Le Figaro, "une succession de cellules chaudes, 'bien protégées des radiations' où 'les scientifiques iraniens pourront, pour la première fois, acquérir l'expérience' nécessaire". L'existence d'un tel projet, si elle est confirmée, explique pourquoi la centrale d'Arak est devenue un enjeu majeur des négociations entre les grandes puissances et l'Iran. Et démontrerait la volonté de Téhéran de développer, à côté de l’enrichissement de l'uranium, la filière alternative du plutonium. Le régime iranien a toujours affirmé que la centrale d'Arak ne servait qu'à développer le nucléaire civil.

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