Nouvelle journée de colère en Syrie

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Nouvelle journée de colère en Syrie
@ AL JAZEERA
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Le bras de fer continue. Plusieurs manifestants ont déjà été tués par les forces de l’ordre.

Damas,Homs, Hama, Kan Safra, Idleb, Harasta… Malgré la répression, la contestation contre le régime de Bachar al-Assad continue et ne faiblit pas dans plusieurs villes de Syrie. Plus de 450.000 personnes ont ainsi manifesté dans la ville rebelle de Hama, au nord de Damas, a affirmé Abdel Karim Rihaoui, chef de la Ligue syrienne des droits de l'Homme.

"Plus de 450.000 personnes ont manifesté sur la place al-Assi et dans les rues adjacentes, appelant à la chute du régime. Aucune présence des forces de sécurité n'a été signalée", a-t-il précisé. Située à 210 km au nord de Damas, Hama est la ville qui a payé le plus lourd tribut au cours des quatre derniers mois. Depuis mardi, au moins 25 civils y ont déjà perdu la vie.

Les ambassadeurs français et américains à Hama

Les vendredi de manifestations réprimées se multipliant, Paris a dépêché son ambassadeur, Eric Chevallier, jeudi à Hama. "Il s’est notamment rendu dans l’un des plus gros hôpitaux de la ville, il a rencontré les équipes médicales, également des blessés et leurs familles", a détaillé Bernard Valero, porte-parole du Quai d'Orsay.

"Il faisait deux choses : manifester la solidarité de la France auprès des victimes de la répression en Syrie et observer au plus près, directement, quelle est la réalité de ce qui se passe dans les villes de Syrie où il y a des gens qui tombent sous les balles pour avoir simplement voulu manifester", a-t-il précisé.

Prise de position inédite, l'ambassadeur américain a également fait le déplacement pour soutenir le mouvement de contestation. Robert Ford est parti dès jeudi soir afin "d'établir le contact" avec l'opposition de cette ville assiégée par les chars. La réponse du régime syrien ne s’est pas fait attendre, le ministre de l’Intérieur accusant "l'ambassadeur américain de rencontrer à Hama des saboteurs (...). L'ambassadeur a incité ces saboteurs à la violence, à manifester et à refuser le dialogue". Washington s'est dit "consternée" par ces critiques.

Déjà treize victimes

Tout en évitant une démonstration de force à Hama, le régime de Bachar Al-Assad a déployé en nombre ses forces de sécurité. Dans plusieurs villes de Syrie, les autorités ont ouvert le feu sur les manifestants, faisant 13 victimes, selon Abdel-Karim Rihaoui, de la Ligue syrienne des droits de l'Homme. Les victimes seraient déjà au nombre de huit, selon le quotidien anglais The Guardian.

Par ailleurs, au moins 24 personnes ont été blessées à Homs (centre) par les tirs, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui a précisé que certains étaient "grièvement blessés".

Plus de 1.300 civils sont morts depuis le début de la révolte, le 15 mars, selon des ONG.