Nigéria : "furieux", un père dénonce le chantage de Boko Haram

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Nigéria : "furieux", un père dénonce le chantage de Boko Haram
Les lycéennes enlevées par Boko-Haram apparaissent sur la vidéo postée@ CAPTURE ECRAN
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JAMAIS SANS MA FILLE - Le groupe islamiste propose de relâcher les jeunes filles enlevées en échange de prisonniers. Le père d'une lycéennes s'offusque au micro d'Europe 1.

Salomon refuse le chantage. Sa fille a été enlevée par les islamistes de Boko Haram mi-avril, dans le nord-est du Nigeria. Lundi, il a appris, par une vidéo diffusée sur internet, que les ravisseurs proposaient de rendre Deborah, 17 ans, ainsi que les 222 autres lycéennes toujours détenues, en échange de la libération de prisonniers. Ce père est aujourd'hui "furieux". 

La conversion à l'islam, c'est "mal". Dans cette vidéo postée par le groupe islamiste, ce qui ravive la colère de Salomon, joint par Europe 1, c'est d'apprendre que sa fille a été convertie de force à l'islam : "On est furieux d'entendre ça, parce que toute nos filles sont des chrétiennes", réagit-il. "Ce n'est pas leur croyance. C'est mal de faire ça, vraiment mal", dit-il. Le père de Deborah n'imaginait pas que Boko Haram puisse aller jusqu'à une conversion : "On ne pensait pas qu'ils iraient jusque-là, convertir nos filles à une autre religion", s'énerve Salomon, "choqué".



Nigeria : le père d'une lycéenne enlevée refuse...par Europe1fr

"On ne les échangera pas". Quant à la proposition de Boko Haram, d'échanger les jeunes filles contre des prisonniers, ce père la balaie d'un revers de la main : "On ne sait rien de ces hommes qui sont en prison, alors on ne les échangera pas contre nos filles", tranche-t-il. "On ne sait pas qui ils sont, ce qu'ils ont fait, pourquoi ils sont en prison", s'interroge le père. Il espère toujours que "des forces arrivent à secourir nos filles" et prie pour cette issue favorable. "On prie pour que dieu nous aide". 

Le ministre nigérian de l'Intérieur a également refusé de céder au chantage de Boko Haram. "Ce n'est pas à Boko Haram et aux insurgés de poser leurs conditions", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il "n'est pas question d'échanger une personne contre une autre".

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