Niger : 27 hippopotames abattus en cinq mois dans l'ouest

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Niger : 27 hippopotames abattus en cinq mois dans l'ouest
En mai, des chefs coutumiers ont déjà alerté sur les dégâts causés par des hippopotames et qui compromettent les récoltes et la navigation sur le fleuve.@ Photo d'illustration : GUILLAUME SOUVANT / AFP
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"Les populations se sont permis d'abattre illégalement un nombre important d’hippopotames, alors que cette espèce est protégée", a dénoncé le ministre de l'Environnement.

Au moins vingt-sept hippopotames, accusés par des populations de commettre des dégâts sur les cultures et le bétail, ont été "illégalement" abattus depuis mars dans la zone touristique d'Ayorou, dans l'ouest du Niger, ont indiqué jeudi à l'AFP les autorités préfectorales.

Un massacré commencé en mars. Selon le préfet, "le massacre des hippopotames" a commencé "en mars et a ensuite pris une ampleur dramatique". Fin juin, des patrouilles des Forces de défense et de sécurité (FDS) le long du Niger "ont permis de ralentir l'hécatombe", dans les villages insulaires et riverains concernés, a-t-il expliqué. "Les populations se sont permis d'abattre illégalement un nombre important d’hippopotames, alors que cette espèce est protégée", a dénoncé à la radio publique, Almoustapha Garba, le ministre de l'Environnement qui s'est rendu mercredi à Ayorou. "Nous avons exhorté les populations à ne plus enfreindre la loi" et "nous avons noté leurs préoccupations" relatives "à la cohabitation avec les hippopotames", a assuré le ministre qui a promis des compensations pour les paysans victimes des hippopotames.

Les récoltes compromises. A Ayorou, la tension est toujours vive entre autochtones et autorités depuis l'arrestation d'une dizaine de personnes soupçonnées d'avoir abattu un hippopotame, ont affirmé des témoins à l'AFP. Certaines personnes arrêtées ont été "relaxées par la justice", a relevé le préfet. Située sur les berges du fleuve Niger, à 200 km de Niamey, Ayorou a été la perle du tourisme nigérien grâce à sa forte concentration d'hippopotames. En mai, des chefs coutumiers ont déjà alerté sur les dégâts causés par des hippopotames et qui compromettent les récoltes et la navigation sur le fleuve.

Face à l'inertie des autorités locales, des victimes se font parfois justice elles-mêmes, en abattant les animaux envahisseurs. Des troupeaux d'hippopotames, à la recherche d'herbes fraîches ou d'eaux profondes, s'aventurent régulièrement jusque près de la capitale, Niamey, et y sèment souvent la panique. En 2014, douze écoliers - sept filles et cinq garçons âgés de 12 à 13 ans - avaient été tués dans l'attaque d'une pirogue par un hippopotame sur le fleuve Niger, à Liboré, une bourgade près de Niamey.