Ni Prada, ni Nike pour les mafieux en prison

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Ni Prada, ni Nike pour les mafieux en prison
Michele Catalano, arrêté en 2007, va devoir se passer de marques de luxe.@ REUTERS
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Une prison sicilienne a décidé d’en finir avec les privilèges des mafieux.

Confisqués ! A la prison Ucciardone, à Palerme, les détenus, dont plusieurs membres de la mafia, se sont vus retirer leurs robes de chambre en soie Prada, leurs jeans et leurs t-shirts Gucci, Valentino, Versace ou Armani. Un nouveau règlement de la prison interdit en effet aux détenus de porter des vêtements de marque, rapporte La Stampa. Le but : rompre avec l’image d’une prison de "luxe" où tout est permis pour ceux qui en ont les moyens.

Il faut dire que l’endroit, vaste forteresse sur le front de mer, a été surnommé "le Grand Hôtel". Michele Catalano, "boss" de la Cosa Nostra, la mafia sicilienne, avait ainsi organisé dans la salle de gym de la prison un repas d’anniversaire avec homard et champagne, raconte le Guardian, reprenant l’information de La Stampa. Quant à Masino Buscetta, l’un des premiers grands repentis de la Cosa Nostra, il a tout simplement utilisé la chapelle de la prison pour célébrer le mariage de sa fille, avec des invités en tenues de gala.

Indignation des familles

Rita Barbera, la nouvelle directrice, veut en finir avec ces habitudes. "Dans la mémoire collective, cette prison est liée à des images de parrains portant des robes de chambre en soie, c’est une chose que nous devons effacer", a-t-elle expliqué à La Stampa. Exit donc les Louis Vuitton, Valentino, Gucci, Armani, Prada, Adidas ou même Nike.

Le nouveau règlement a provoqué l’indignation des familles. "Mon mari va devoir se balader tout nu, puisqu’il ne possède que des vêtements de marque, non pas pour frimer mais parce qu’elles sont de meilleure qualité et durent plus longtemps", se plaint une épouse dans le journal italien. "Pourquoi l’humilier ainsi et me forcer à aller acheter ses vêtements au marché ?", a-t-elle déploré.

Mais à Ucciardone, l’interdiction des marques ne changera pas grand-chose pour un grand nombre de détenus. Dans cette prison prévue pour 500 prisonniers et qui en accueille 700, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne : nombreux sont ceux, Italiens pauvres ou immigrants, qui n’ont même pas de quoi se payer des sous-vêtements ou des chaussettes.