Newsweek appelle les Italiens à "jeter Berlusconi"

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Newsweek appelle les Italiens à "jeter Berlusconi"
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L’hebdomadaire américain juge que l’Italie "ne peut plus se permettre les bouffonneries de son playboy en chef".

"Jetez Berlusconi". L’hebdomadaire américain Newsweek barre de ce titre la "une" de son édition européenne datée du 19 octobre, au-dessus d’une photo du "Cavaliere" faisant un geste d'adieu. Le chef du gouvernement italien, qui se pose fréquemment en victime des médias, notamment anglo-saxons, y trouvera du grain à moudre.

"L'Italie ne peut plus se permettre les bouffonneries de son playboy en chef", lance le magazine américain qui appelle l'Italie à se débarrasser du président du Conseil, estimant que son implication dans une série de scandales plombe son pays sur la scène internationale et bloque les réformes nécessaires.

L'article de trois pages, qui a pour titre "Silvio, il est temps de partir", est écrit par Christopher Dickey, le même journaliste qui avait signé, début octobre, l'article sur le "complexe d'Obama" dont serait victime Nicolas Sarkozy. Il s’ouvre par la liste des scandales sexuels attribués au chef du gouvernement italien, et Newsweek ne prend pas de pincettes pour décrire le chef du gouvernement italien : "On pense à Néron ou aux Borgia, à la débauche et à la corruption."

"Cela ne relève ni de la conspiration, ni de la condescendance que de dire : « Silvio, il est temps de s’en aller. » Cela relève simplement du bon sens", peut-on encore lire dans cet article qui assure que si Silvio Berlusconi "reste aux commandes de l'Italie, cela risque non seulement d'entraîner le pays dans le mur mais aussi de faire du tort à l'Europe et même au bout du compte à l'alliance atlantique", avertit le journal.

Au lieu d'engager les réformes économiques et sociales dont son pays a besoin, estime Newsweek, Silvio Berlusconi "regarde dans le rétroviseur", "grisé par le pouvoir et par lui-même", obnubilé par "les procureurs, la presse, les conspirateurs communistes et les machinations de ses rivaux, sans oublier les femmes en colère qui le poursuivent".

L’article paraît alors que la cote de popularité de Silvio Berlusconi est au plus bas depuis son retour triomphal à la présidence du Conseil l'an dernier. Selon un sondage publié jeudi dans le quotidien d’opposition La Reppublica, le chef du gouvernement italien ne recueille plus que 45% d’opinions favorables, contre 47% le mois précédent. Silvio Berlusconi assure pour sa part que ses propres études d'opinion placent son taux de popularité à 68%. Il jure qu'il ne démissionnera pas et affirme qu'il est le meilleur chef de gouvernement que l’Italie ait jamais connu.