Naufrages en Méditerranée : d’où viennent les migrants ?

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Naufrages en Méditerranée : d’où viennent les migrants ?
@ MATTHEW MIRABELLI / AFP
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IMMIGRATION - Plus de 800 migrants ont péri dimanche dans la pire tragédie jamais recensée en Méditerranée. 

Plus de 800 personnes ont trouvé la mort dimanche dans le naufrage d'un chalutier, au large de la Libye. Moins d’une trentaine de survivants sont arrivés, lundi soir à Catane en Sicile. Parmi eux, la police italienne a rapidement reconnu et arrêté deux passeurs responsables du drame.

Des Syriens, mais aussi des Érythréens, des Soudanais,… "On peut dire que 800 personnes sont mortes", a déclaré Carlotta Sami, porte-parole du Haut-Comité aux réfugiés en Italie. "Il y avait un peu plus de 800 personnes à bord, dont des enfants de 10, 12 ans. Il y avait des Syriens, environ 150 Érythréens, des Somaliens..."

Parmi ces candidats à l’exil, les plus nombreux sont les Syriens. Mais il y a ensuite les ressortissants qui viennent de pays dont la situation est beaucoup plus méconnue, comme l’Erythrée. Pour les ONG, ce pays est considéré comme l’une des pires dictatures de la planète. Le service militaire dure plus de 15 ans dans ce pays d’Afrique de l’Est. Plus d’un Érythréen sur cinq a déjà fui le pays pour rejoindre les flux de migrants soudanais, somaliens, mais aussi nigérians ou maliens qui traversent le désert et se retrouvent pour la plupart en Lybie, juste en face des côtes européennes.

Un chalutier avec 700 migrants à bord a chaviré en Méditerranée - 640-640

© GUARDIA COSTIERA / AFP

La Libye, une cible avant d’être un pays de transit. Mais contrairement à certaines idées reçues, de nombreux migrants s’installaient en Libye pour trouver un travail. Avant la destitution du colonel Kadhafi, tous ces migrants n’avaient pas forcément l’Europe comme horizon. Mais depuis la mort du dictateur, les choses ont bien changé. En Libye, il n’y a plus d’Etat. Il n’y a plus que des milices qui se déchirent et qui n’encadrent absolument plus les migrants. Dans ce climat d’extrême violence, ces derniers sont poussés à partir vers l’Europe sur des embarcations de fortune.

Des réseaux de passeurs totalement libres. Des dizaines de milliers de migrants se retrouvent donc entre les mains de passeurs peu scrupuleux. Pour rentabiliser au maximum ces traversées clandestines, ils sont prêts à tout. Ils n’hésitent même plus à enlever les bouées et les gilets de sauvetage sur les bateaux pour faire plus de place.  

L'Union Européenne tiendra un Sommet extraordinaire jeudi, pour répondre en urgence à la multiplication des tragédies en Méditerranée. 

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