Nafissatou Diallo : "j'ai souffert"

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Nafissatou Diallo : "j'ai souffert"
@ REUTERS
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VIDEO - Son avocat, Me Thompson, a annoncé jeudi qu'il engagerait des poursuites au civil.

Acte III de l'offensive médiatique de Nafissatou Diallo. Après ses deux interviews exclusives à des médias américains et sa conférence de presse mercredi, elle s'est exprimée jeudi dans le cadre d'une conférence de presse organisée, au Centre culturel chrétien de Brooklyn, par le United African Congress, l'organisation communautaire africaine de New York.

L'organisation de cette prise de parole était millimétrée : l'allocution a été très brève et les journalistes présents n'ont pu poser aucune question à la femme de chambre.

Son intervention de 3 min en vidéo, retransmise par i-Télé :

"Ils m'ont insultée, ils m'ont traînée dans la boue"

Premier à être entré en scène, l'organisateur de toute cette offensive médiatique, son avocat Kenneth Thomspon : "nous prenons position pour toutes les femmes qui ont été victimes d'agressions sexuelles autour de la planète", a-t-il clamé. A suivi le pasteur Bernard, directeur du Centre culturel chrétien. C'est seulement après que la femme de chambre du Sofitel, qui accuse Dominique Strauss-Kahn de viol, a pris la parole.

Parlant doucement, en costume pantalon sombre et chemisier blanc, elle a a commencé ainsi : "Je m'appelle Nafi Diallo, je suis ici pour dire à chacun d'entre vous combien j'ai souffert de ces mois qui viennent de s'écouler. Avec ma fille nous avons traversé des mois très difficiles, ils m'ont insultée, m'ont traînée dans la boue, j'ai entendu beaucoup de choses méchantes à mon sujet. Toutes les choses qui ont été dites à mon encontre sont fausses."

"Pourquoi moi, pourquoi ça m'arrive à moi ?"

Et de citer sa fille : "Promets-moi que tu vas arrêter de pleurer", "seuls nos voisins te connaissent, ils disent de bonnes choses sur toi parce qu’ils te connaissent", lui aurait dit cette dernière. "Je lui ai promis d’être forte, je fais ça aussi pour toutes les autres femmes. C’est trop pour moi et ma fille". "Ma fille et moi pleurons tous les jours", a-t-elle poursuivi. "Je me demande souvent pourquoi moi, pourquoi ça m'arrive à moi ?", a-t-elle encore déclaré. Nafissatou Diallo a conclu son intervention en "remerciant" tous ceux qui l'ont "soutenue".

Un lieu qui entre dans une stratégie de communication, car Nafissatou Diallo veut toucher la communauté noire, dont de nombreux représentants sont présents.

Entourée de personnes de la communauté africaine

L'intervention de Nafissatou Diallo a été suivie de celle du président du Congrès africain, qui a témoigné de son soutien. Souleymane Diallo, représentant de la communauté guinéenne, s'est ensuite réjoui "de ne pas être seul" pour "soutenir notre soeur Nafi". Il a "félicité" Nafissatou Diallo pour s'être "dressée" pour "la justice", compte tenu de "sa culture". Il a même continué sa déclaration en français.

Nafissatou Diallo, de confession musulmane, était accompagnée, outre de son avocat Kenneth Thompson, du pasteur A.R. Bernard, directeur de ce centre, Mohammed Nurhussien, président du United African Congress, et de plusieurs dirigeants d'organisations de défense des femmes. Une quarantaine de personnes d'origine africaine se trouvaient debout derrière le podium à ses côtés. Le lieu avait d'ailleurs été choisi dans le cadre de la stratégie de communication car le Centre culturel chrétien de Brooklyn est fréquenté par la communauté noire.

Vers une plainte au civil

Kenneth Thompson-28.07

© Capture d'écran BFM TV

Après la "séquence émotion" de Nafissatou Diallo, Kenneth Thompson est revenu pour s'expliquer sur sa stratégie d'importante médiatisation de sa cliente, très contestée : "elle n'a pas besoin d'attendre le procès pour dire la vérité".

Il est ensuite revenu sur la conversation téléphonique de la victime présumée avec un détenu, contestant la version qui avait fuité dans la presse. "Je ne sais pas qui a donné ces versions au procureur". Puis Kenneth Thompson a répondu aux très nombreux journalistes présents dans la salle.

Sur la rumeur selon laquelle il se contenterait désormais d'un procès civil, il a nié, affirmant qu'il voulait que Dominique Strauss-Kahn soit jugé "devant un jury". Il a insisté sur la "crédibilité" de Nafissatou Diallo, et sur "les preuves physiques", et ses "vêtements déchirés".

"En cas de non-lieu, il y aura des poursuites au civil", a-t-il martelé. Il a officialisé là un point de procédure très important, qu'il avait évoqué mercredi à la sortie du bureau du procureur.