Mossoul : la progression des combattants ralentit, les djihadistes résistent

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Après nouvelle journée d'offensive pour reprendre la ville irakienne de Mossoul, les combattants kurdes et occidentaux n'ont progressé que de 6 km.

REPORTAGE

Cinquième jour de l'offensive des combattants kurdes et de la coalition pour reprendre Mossoul à Daech. Petit à petit, les colonnes de blindés progressent vers la ville irakienne. Mais alors que les chefs de l'État islamique ont quitté les lieux, les djihadistes qui restent résistent et utilisent des véhicules suicides. Gwendoline Debono, notre envoyée spéciale, a assisté à cette journée particulière.

Quelques villages abandonnés mais la bataille n'est pas gagnée. Dès l'aube, la confiance se dessine sur les visages des soldats lorsqu'à travers champs, leurs blindés s'enfoncent sur les pistes qui mènent aux abords de Mossoul. Sans combattre, ils viennent de reprendre deux villages à l'État islamique. Le général Baramdoski en a la certitude, ses hommes contrôleront tous leurs objectifs dans l'après-midi. "Les hommes ne résistent pas. Leur moral est au plus bas et ils sont déstabilisés. Avant on les prenait au sérieux mais ils ne sont pas à la hauteur", se réjouit-il.

Mais un quart d'heure plus tard, le général est démenti par les obus qui pleuvent sur la colonne. Un officier demande aux militaires américains qui ne les quittent pas d'appeler l'aviation de la coalition. Un Ranger envoie les coordonnées d'une cible à éliminer et les frappes ne tardent pas mais rien n'y fait. Dans un village en lisière de forêt, les djihadistes engagent le combat, tout le monde s'arrête.

Un véhicule suicide... puis un deuxième. Décision est prise d'entrer dans le village. Une gerbe de flammes, de métal et de fumée est projetée dans le ciel. L'image est sidérante ; un kamikaze vient de lancer son véhicule sur l'unité de tête. Sous le feu, les secouristes foncent chercher les blessés. "C'est un camion suicide plus puissant qu'aucune frappe aérienne. Il a chargé dans le convoi, on va avoir des victimes", s'inquiète un soldat.

Les têtes sont en sang, les membres criblés d'impacts. "Je vais tous les tuer", hurle un combattant qui s'empare d'un missile. "Encore une voiture suicide", prévient un lieutenant. Un char l'arrête de justesse mais manque d'écraser des soldats paniqués qui courent en sens inverse. Un homme en sueur regarde sa montre, voilà dix heures qu'ils sont partis et les djihadistes ne les ont pas laissé progresser plus de 6 km.