Mort d'un vendeur de poisson : manifestation à Rabat pour exiger justice

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Mort d'un vendeur de poisson : manifestation à Rabat pour exiger justice
Mouhcine Fikri, âgé d'une trentaine d'années, a été écrasé il y a une semaine dans une benne à ordures à Al-Hoceima @ FADEL SENNA / AFP
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Dimanche, près d'un millier de personnes ont continué à exiger justice après la mort de Mouhcine Fikri, un vendeur de poisson broyé par une benne à ordures.

Près d'un millier de personnes ont manifesté dimanche à Rabat pour protester contre "l'arbitraire" et exiger justice pour un vendeur de poisson écrasé par une benne à ordure, dont la mort la semaine dernière avait choqué le pays.

"L'arbitraire c'est la division". "Le peuple veut la justice pour le martyr Mouhcine", "stop à la hogra" (l'arbitraire, l'injustice), "l'arbitraire c'est la division", scandaient notamment les manifestants. Rassemblés en fin d'après-midi dans le centre de la capitale, près des remparts de la Vielle ville, les protestataires brandissaient de nombreux drapeaux berbères. Ils ont marché sans incident jusqu'aux abords du Parlement. La plupart étaient des sympathisants de la cause berbère et des militants du Mouvement du 20-Février (la version marocaine des Printemps arabes de 2011). De nombreux policiers en civil étaient mélangés à la foule, mais les forces de l'ordre en uniforme sont, elles, restées très discrètes.

Vague de manifestations populaires. Mouhcine Fikri, âgé d'une trentaine d'années, a été écrasé il y a une semaine dans une benne à ordures à Al-Hoceima (nord). Il tentait alors de s'opposer à la destruction de sa marchandise, de l'espadon, une espèce interdite à la pêche à cette époque. Les circonstances atroces de sa mort ont provoqué une vague de manifestations populaires à Al-Hoceima, dans la région du Rif, et des rassemblements de moindre ampleur dans quelques grandes villes. Les participants ont dénoncé en particulier la "hogra" du système, un terme désignant l'arbitraire et le mépris affichés selon eux par les autorités envers les citoyens ordinaires. Les manifestations ont depuis lors marqué le pas.

Huit personnes incarcérées. Dans le cadre de l'enquête, onze personnes - dont des responsables de l'administration des pêches, des services vétérinaires et des cadres du ministère de l'Intérieur - soupçonnées notamment "d'homicide involontaire" ont été présentées à un juge d'instruction, et huit d'entre elles incarcérées.