Mort du dernier aviateur américain du bombardement d'Hiroshima

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Mort du dernier aviateur américain du bombardement d'Hiroshima
@ REUTERS
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Le dernier membre survivant de l'équipage du bombardier américain Enola Gay est mort à l'âge de 93 ans.

Le dernier membre survivant de l'équipage du bombardier américain Enola Gay, qui a lancé la première bombe atomique sur la ville japonaise d'Hiroshima en août 1945, est mort à l'âge de 93 ans, ont rapporté les médias américains. Theodore van Kirk, également connu comme le "Hollandais", est mort lundi de causes naturelles dans une maison de retraite de Stone Mountain, en Géorgie, a annoncé mardi soir la télévision NBC. Ses funérailles sont prévues le 5 août dans sa ville natale de Northumberland, en Pennsylvanie. Ses obsèques se dérouleront dans l'intimité, selon CBS.

Van Kirk, 24 ans à l'époque, était le navigateur de l'Enola Gay, une superforteresse B-29, et l'un des douze membres de l'équipage. Le bombardier a largué "Little Boy" (Petit garçon) sur Hiroshima à 08h15 locales, le 6 août 1945, tuant 145.000 personnes, la moitié de la population de cette ville située au sud-ouest de l'île de Honshu, la principale du Japon. C'était la première fois dans l'histoire qu'une bombe atomique était utilisée dans la guerre, hors tests. La seconde fut larguée trois jours plus tard, le 9 août, sur Nagasaki, où 70.000 personnes ont été tuées.

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"L'avion a fait un bond et puis un bruit de métal froissé" après l'explosion, a dit van Kirk au New York Times à l'occasion du 50e anniversaire du bombardement. Immédiatement après, "nous nous sommes retournés pour voir le nuage et où se trouvait la ville d'Hiroshima". "Toute la ville était recouverte de fumée,  de poussière et de saleté. Cela ressemblait à un chaudron de goudron noir et bouillant. On pouvait voir quelques incendies en périphérie de la ville", a-t-il raconté. Van Kirk a rappelé avoir eu "un sentiment de soulagement" parce qu'il avait la conviction que cette bombe dévastatrice allait hâter la fin de la Seconde guerre mondiale.

Malgré la controverse sur ce bombardement qui a tué instantanément des dizaines de milliers de civils et des milliers d'autres des conséquences des radiations, van Kirk a défendu cette opération dans un article de l'hebdomadaire Time en 2005. "Il ne s'agissait pas d'aller là-bas et de larguer (la bombe) sur la ville et de tuer des gens", assurait-il. "Il s'agissait de detruire des objectifs militaires dans la ville d'Hiroshima - le plus important étant le quartier général de l'armée chargé de la défense du Japon en cas d'invasion. Il devait être détruit", avait souligné van Kirk.