Mort de l'ex-chef historique de Cosa Nostra Bernardo Provenzano

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Mort de l'ex-chef historique de Cosa Nostra Bernardo Provenzano
@ OLIVIER MORIN / AFP
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Ce boss mafieux appartenait aux Corleone, le clan qui a dirigé la Mafia d'une main de fer pendant plus de deux décennies.

Bernardo Provenzano, l'ancien chef suprême de Cosa Nostra, la Mafia sicilienne, est décédé mercredi à l'âge de 83 ans, après une vie de mystères, de traque et de violence. L'ancien chef criminel se trouvait à l'hôpital de San Paolo à Milan (nord) où il était soigné pour un cancer diagnostiqué il y a plusieurs années. 

30 ans de clandestinité. Bernardo Provenzano avait été arrêté en 2006 à l'issue de trente ans de clandestinité. Détenu depuis lors sous un régime de très haute sécurité, après plusieurs condamnations à la prison à vie, le boss mafieux avait été hospitalisé en avril 2014. Né le 31 janvier 1933 à Corleone (Sicile), fief historique de Cosa Nostra, Bernardo Provenzano avait gravi peu à peu les échelons de la Mafia, avant d'arriver au "sommet" de la Coupole, l'organe de décision suprême de la "pieuvre".

Provenzano était un Corléone. Entré dans la clandestinité dès le début des années 70, Bernardo Provenzano avait participé aux décisions les plus importantes de la Coupole, en tant que bras droit de Toto Riina, le chef historique de la Mafia, arrêté en 1993, et qu'il avait alors remplacé. Toto Riina et Bernardo Provenzano sont tous deux des Corleone, le clan qui a dirigé la Mafia d'une main de fer pendant plus de deux décennies. Inculpé des dizaines de fois, condamné par contumace à perpétuité pour le meurtre d'un chef des carabiniers, Bernardo Provenzano restait cependant insaisissable, et même les collaborateurs de justice les plus bavards en savaient peu sur lui. 

Un mafieux insaisissable. L'histoire de Bernardo Provenzano, et surtout sa capacité à échapper à la police pendant plus de quatre décennies, restent entourées de mystères. Il a séjourné à deux reprises en 2003 dans un hôpital de Marseille, dans le sud de la France, pour soigner sa prostate, empruntant à cette occasion l'identité d'un boulanger sicilien. Il était considéré comme l'artisan d'une nouvelle stratégie de Cosa Nostra, beaucoup plus silencieuse, sans meurtres ni attentats, mais visant à infiltrer plus efficacement la société sicilienne et à provoquer une baisse de la garde de la part des institutions.