Mise à l’arrêt du dernier réacteur japonais

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Mise à l’arrêt du dernier réacteur japonais
Le dernier réacteur nucléaire japonais a été arrêté samedi. Pour la première fois depuis 1970, le Japon va connaître dimanche son premier jour sans électricité d'origine atomique.@ MAXPPP
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Un an après la catastrophe de Fukushima, le pays a repensé sa politique énergétique.

Fini le nucléaire au Japon. Les 50 réacteurs du pays sont à l’arrêt depuis samedi. Un an après la catastrophe de Fukushima, l'archipel entame une session de maintenance de plusieurs mois. Le pays du soleil levant était jusque-là le troisième utilisateur au monde d'électricité d'origine atomique. L'énergie nucléaire représentait environ 30% de l'électricité du Japon avant la catastrophe de mars 2011.

Dimanche, premier jour sans électricité atomique

Le dernier réacteur encore en service au Japon, appartenant à la compagnie Hokkaido Electric Power, a été stoppé samedi. Sa production devait cesser complètement aux alentours de 23h, heure locale, et le réacteur sera fermé complètement aux premières heures de dimanche, après des travaux de maintenance. Une fois fait, le Japon connaîtra son premier jour sans électricité d'origine atomique. Pour la première fois depuis mai 1970.

De nombreux autres réacteurs, arrêtés aussi pour entretien obligatoire après 13 mois de fonctionnement en continu, n'ont pu redémarrer jusqu'à présent. La raison ? Les autorités veulent au préalable leur faire passer des tests de résistance et obtenir l'aval des élus locaux.

Au moment de l'accident de Fukushima, survenu le 11 mars 2011 à la suite du séisme et du tsunami qui ont dévasté le nord-est de l'archipel, 37 réacteurs étaient en fonction. Les autres étaient inactifs, principalement pour maintenance. Depuis, onze unités du nord-est ont été stoppées par la catastrophe, puis deux autres, dans le centre, mises à l'arrêt en raison de faiblesses face aux risques sismiques. Depuis, les dernières ont été suspendues pour respecter les cycles d'entretien.

Le Japon est maintenant dépendant

Pour compenser l'absence d'énergie nucléaire, les compagnies d'électricité ont dopé ou remis en marche des centrales thermiques et exigent des sociétés et particuliers une réduction de consommation. Bien qu'aucune interruption massive de courant n'ait eu lieu jusqu'à présent en dépit de la baisse de production, le mode d'approvisionnement actuel n'est satisfaisant pour personne.

Les clients doivent limiter leur activité et risquent de voir les tarifs augmenter. De même, les compagnies voient leur facture d'hydrocarbures grimper en flèche. Et le pays voit sa dépendance énergétique s'accroît vis-à-vis de l'étranger.

En conséquence, le gouvernement plaide désormais pour la relance des réacteurs qui ont réussi les examens de résistance aux catastrophes naturelles et répondent aux nouvelles règles. Problème : les élus locaux, dont l'accord est indispensable, hésitent à prendre cette responsabilité face à des citoyens méfiants. Les industriels militent également pour le redémarrage, menaçant sans cela de déplacer des sites de production à l'étranger.

Une suppression définitive du nucléaire ?

Des militants anti-nucléaires ont prévu de fêter l'événement en organisant des manifestations tout au long du week-end.    

La population espère en majorité la suppression des centrales atomiques sur le sol japonais, mais seulement une minorité exige un arrêt immédiat.

La dernière période où le Japon s'est retrouvé sans électricité d'origine nucléaire remonte aux tout premiers jours de mai 1970, quand les deux réacteurs alors en activité avaient été fermés pour maintenance, rappelle la Fédération nippone des compagnies d'électricité.