Minsk : moins de 24 heures après l’accord, les premiers doutes

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Minsk : moins de 24 heures après l’accord, les premiers doutes
@ AFP/MYKOLA LAZARENKO
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Les signataires et médiateurs de l’accord de cessez-le-feu sont eux-mêmes sceptiques sur son effet à long terme.

L’accord de Minsk était inespéré, jeudi. Depuis le mois de septembre, les belligérants qui s’affrontent dans l’est de l’Ukraine n’avaient pas réussi à se mettre d’accord sur une nouvelle trêve alors que plus de 5.300 personnes ont perdu la vie dans cette guerre. La signature marque donc un pas important vers la paix dans ce pays ravagé depuis près d’un an. Mais, moins de 24 heures après l’accord qui a impliqué l’Ukraine, la Russie, les séparatistes, mais aussi la France, l’Allemagne et la Biélorussie, les premiers doutes émergent quant à sa mise en application.

François Hollande et Angela Merkel, à l’origine de ce nouveau plan de paix, se sont gardé de tout triomphalisme. "L'accord ne garantit pas un succès durable", a estimé le président français. La chancelière allemande a, elle, souligné que de "gros obstacles" subsistaient avant un retour à la paix dans l'Est de l'Ukraine. "Je ne me fais aucune illusion, nous ne nous faisons aucune illusion", a-t-elle ajouté. "Il va encore y avoir de gros obstacles devant nous (...) il y a toutefois une vraie chance de faire évoluer les choses vers le meilleur".

Les dirigeants européens, réunis jeudi à Bruxelles pour un sommet européen dominé par l'Ukraine et la Grèce, se sont montrés prudents voire sceptiques sur cet accord. "C'est certainement un pas dans la bonne direction, même si je sais que ça ne règlera pas tout", a tempéré la chef de la diplomatie de l'Union européenne Frederica Mogherini. En effet, de nombreux points cruciaux ne figurent pas dans le texte accepté par les belligérants, comme le statut des républiques séparatistes de Donetsk et de Lougansk.

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Son application en question. Le président ukrainien Petro Porochenko, principal concerné par cet accord, a estimé jeudi que sa mise en œuvre ne serait "pas facile", en évoquant un "problème de confiance" avec la Russie. "La négociation a été très difficile et nous ne nous attendons pas à une mise en œuvre facile du processus", a déclaré Petro Porochenko après avoir présenté les résultats de la réunion devant les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne à Bruxelles.

Les Etats-Unis se félicitent de la signature d'un plan de paix jeudi à Minsk, qui constitue "potentiellement une étape importante" vers la résolution du conflit dans l'est de l'Ukraine, a déclaré la Maison blanche, qui s’est abstenue d’interférer dans le processus.