Migrants tunisiens : l'alerte de l'Italie

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Migrants tunisiens : l'alerte de l'Italie
@ REUTERS
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L'Italie fait face à un afflux d'immigrés clandestins. Tunis refuse toute "ingérence" étrangère.

Plus de 1.000 candidats à l'émigration clandestine vers l'Europe ont été arrêtés ces derniers jours par les autorités tunisiennes, à la recherche d'emplois. Particulièrement concernée, l'Italie. Le pays voudrait pouvoir envoyer ses propres policiers en Tunisie pour empêcher le départ des migrants. Le ministre des Affaires étrangères italien Franco Frattini a estimé jeudi que les deux pays "un intérêt commun à freiner le trafic".

5.000 clandestins en 5 jours

5.000 clandestins tunisiens ont débarqué en cinq jours sur l'île italienne de Lampedusa, située à seulement 138 km des côtes tunisiennes. Rien que dans la nuit de samedi à dimanche, 977 clandestins sont arrivés sur l'île. "La situation est difficile", a reconnu le commandant du port de Lampedusa, Antonio Morana, "les débarquements se poursuivent à un rythme incessant".

Les policiers tunisiens tentent de leur côté d'enrayer ce flux. Ils ont dèjà bloqué plusieurs tentatives d'émigration.

Des policiers italiens en Tunisie ?

L'Italie a proclamé samedi l'état d'urgence humanitaire, ce qui permet d'éviter certaines formalités légales, autorise à prendre des mesures immédiates et de mobiliser rapidement des moyens financiers. Le pays, qui craint une crise humanitaire, a demandé l'aide de ses voisins européens. Rome a aussi demandé à l'Union européenne de prendre rapidement une décision définitive, d'ici une dizaine de jours, sur le déploiement d'une mission pour patrouiller au large de la Tunisie.

Le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni, membre du parti anti-immigrés et populiste de la Ligue du Nord, a également annoncé dimanche qu'il demandera le déploiement de policiers italiens en Tunisie pour tenter d'empêcher les départs d'immigrants clandestins.

Mais l'envoi de policiers italiens en Tunisie ne semble cependant pas couler de source. La Tunisie, si elle s'est dite "prête à coopérer" avec les pays européens pour enrayer le flux d'immigrés clandestins, a clairement refusé lundi "toute ingérence dans ses affaires intérieures".