Migrants : réunion au Luxembourg en pleine guerre larvée entre Paris et Rome

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Migrants : réunion au Luxembourg en pleine guerre larvée entre Paris et Rome
Des migrants interpellés par la police en tentant de traverser la frontière entre l'Italie et la France@ Europe 1/Sébastien Krebs
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Les ministres de l'Intérieur des Vingt-Huit se réunissent à Luxembourg aujourd'hui, pour parler des migrants. Les relations sont froides entre Rome et Paris, accusée de fermer ses frontières.

REPORTAGE

Bernard Cazeneuve et son homologue italien Angelino Alfano se retrouveront à Luxembourg mardi lors d'une réunion des vingt-huit ministres de l'Intérieur sur la question des migrants. Au cœur des négociations se trouve la prise en charge des dizaines de milliers de clandestins qui arrivent en Italie par la mer Méditerranée. Et les discussions risquent d'être tendues entre les ministres français et italien, alors que Rome accuse Paris d'avoir fermé sa frontière au niveau de Vintimille.

A Vintimille et Menton. Des dizaines de migrants s'amassent à la frontière franco-italienne dans l'espoir de gagner le nord de l'Europe. "Que se passe-t-il à Vintimille ? Il y a la nécessité de faire respecter les règles de Schengen et de Dublin. Quelles sont ces règles ? Lorsque des migrants arrivent en France, qu'ils sont passés par l'Italie et qu'ils ont été enregistrés en Italie, le droit européen implique qu'ils soient réadmis en Italie", a expliqué Bernard Cazeneuve. Alors quand les clandestins tentent de prendre le train pour arriver en France, ils sont bien souvent interpelés par la police française et renvoyés de l'autre côté de la frontière, comme l'a noté le reporter d'Europe 1.

La petite ville française de Menton craint de devenir un nouveau Calais. Quelques migrants ont réussi à passer la frontière et s'y installent en attendant d'aller plus au Nord. Certains habitants leur viennent en aide, pour leur fournir de la nourriture et quelques accessoires sanitaires.

Tout seuls. Le président italien du Conseil Matteo Renzi dit espérer un geste de ses partenaires européens. "Si l'Europe choisit la solidarité, c'est bien. Si elle ne le fait pas, nous avons un 'plan B' tout prêt. Mais qui frapperait surtout l'Europe en premier", avait-il averti dimanche. Il a précisé lundi que l'Italie "continuera à faire de [son]. Si [l'Europe ne fait pas sa part], nous ferons tout seuls. C'est notre 'plan B'", a-t-il dit.

Afin d'apaiser les tensions, le Commissaire européen aux migrations, le Grec Dimitris Avramopoulos, a prévu de rencontrer mardi, en amont de cette réunion, les ministres français, allemand et italien de l'Intérieur. Matteo Renzi a par ailleurs indiqué qu'il abordera le problème des immigrés avec ses homologues britannique et français cette semaine à Milan. Il a également précisé qu'il s'entretiendrait avec le chef de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et la Chancelière allemande Angela Merkel.