Migrants : l'Europe se réunit pour faire face à la crise

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Migrants : l'Europe se réunit pour faire face à la crise
@ ROBERT ATANASOVSKI / AFP
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Au lendemain de l'émotion suscitée par la terrible photo du petit Syrien noyé, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se réunissent autour de la crise des migrants. L'ONU a quant à elle appelé a une répartition équitable d'au moins 200.000 demandeurs d'asile dans l'UE.

L'ESSENTIEL

L'actualité de la journée de vendredi a été très marquée par la crise migratoire à laquelle est confrontée l'Europe, alors qu'un nombre record de 5.600 migrants ont été comptabilisés, à la frontière macédonienne hier. Au lendemain de la photo du petit Aylan Kurdi, dont le cliché du corps échoué sur la plage de Bodrum en Turquie a bouleversé l'Europe, son père Abdullah est rentré ce vendredi en Syrie pour enterrer son épouse et ses deux fils. Tous trois ont péri dans le naufrage de leur embarcation tandis qu'ils tentaient, comme des milliers de clandestins chaque jour, de rejoindre les côtes grecques, porte d'entrée dans l'Union européenne. Pour faire face à cette situation de crise, les ministres européens des Affaires étrangères se réunissent à Luxembourg vendredi.

Les infos à retenir :

- Les ministres européens des Affaires étrangères sont réunis vendredi autour de la question des migrants

- L'ONU demande que l'Europe se répartisse l'accueil de 200.000 migrants

- Un millier de migrants sont partis de Budapest à pied pour rejoindre l'Autriche

  • L'Europe se réunit vendredi

Avant cette réunion à Luxembourg, l'Allemagne et la France ont lancé jeudi une initiative qui marque un tournant dans l'approche de la crise migratoire pour "organiser l'accueil des réfugiés et une répartition équitable en Europe" des familles qui fuient principalement la Syrie en guerre.

Les ministres européens des Affaires étrangères se retrouvent donc vendredi à Luxembourg autour de ce dossier, tandis que quatre pays de l'Est, réticents à ouvrir leurs frontières et opposés aux quotas, se réunissent de leur côté à Prague, risquant d'aggraver des divisions déjà profondes.

  • La France et l'Allemagne réclament des "quotas de réfugiés"

Jeudi, la chancelière allemande Angela Merkel a évoqué des "quotas contraignants", le président français François Hollande un "mécanisme permanent et obligatoire". L'accord franco-allemand demande aussi d'"assurer le retour des migrants irréguliers dans leur pays d'origine" et d'aider "les pays d'origine et de transit".

  • Le Royaume-Uni prêt à accueillir plus de migrants

Et dès vendredi, le Premier ministre britannique David Cameron, très critiqué pour son manque d'implication dans la crise et qui s'est dit "profondément ému" par la photo de l'enfant syrien mort, devrait, selon la presse d'outre-manche, annoncer que le Royaume-Uni accueillera "plusieurs milliers" de réfugiés syriens supplémentaires afin que Londres remplisse ses "obligations morales".

Le haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, a quant à lui appelé vendredi l'Europe à faire plus avec la répartition d'au moins 200.000 demandeurs d'asile entre tous les pays membres de l'UE car "la situation exige un effort commun massif qui est impossible avec l'approche fragmentée actuelle".

  • 120.000 réfugiés supplémentaires.

Une répartition équitable des réfugiés entre pays européens fait partie des priorités de la Commission européenne, qui devrait dévoiler le 9 septembre devant le Parlement à Strasbourg de nouvelles propositions. La Commission veut un mécanisme permanent de répartition, mais face à l'urgence que connaissent notamment la Hongrie, l'Italie et la Grèce, son président Jean-Claude Juncker va "demander aux Etats membres de répartir en urgence 120.000 réfugiés supplémentaires au sein de l'UE", selon une source européenne.

La tâche ne sera pas aisée, compte tenu des vives réticences affichées par de nombreux Etats lors d'une précédente requête de la Commission pour l'accueil de 40.000 demandeurs d'asile se trouvant en Grèce et en Italie. A Bruxelles, la Hongrie et l'Autriche ont critiqué l'Allemagne, qui a décidé de cesser de renvoyer les demandeurs d'asile syriens vers leur pays d'entrée dans l'UE.

  • Un millier de migrants en marche pour l'Autriche.

Pendant que les politiques tentent de trouver des solutions à la crise, les afflux de migrants continuent. Plus d'un millier de migrants ont quitté vendredi en début d'après-midi la gare principale de Budapest, en Hongrie, pour tenter de se rendre à pied "en Autriche", à environ 175 km, après la suspension mardi des liaisons ferroviaires internationales par les autorités hongroises.

Budapest a multiplié les tentatives de les transférer contre leur gré dans des camps de premier accueil. La Hongrie, l'un des principaux pays de transit en Europe centrale, a vu arriver quelque 3.300 nouveaux migrants pour la seule journée de jeudi, a indiqué le Haut-commissariat des l'ONU pour les réfugiés, vendredi.