Migrants : "j'ai rencontré les rescapés d'un naufrage à Malte"

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VIDÉO - Chaque matin tout au long de l’été, Europe1 revient sur les grands reportages qui ont marqué la saison de la radio, en compagnie d’un reporter de la rédaction.

Le drame des migrants en méditerranée a marqué l’actualité cette année. Nous en avons beaucoup parlé à l’antenne, et notamment avec Xavier Yvon, grand reporter à Europe1, qui a retrouvé les rares rescapés d’un naufrage.

Il raconte :

"C’était il y a presque un an, en septembre, l’année dernière, à l’époque on parlait du pire naufrage de bateau de migrants, il y en a eu d’autres aussi graves depuis. Un navire chargé d’environ 500 personnes coule en pleine mer, il n’y a qu’une dizaine de survivants. On apprend qu’une grande majorité venait de Gaza, ils fuyaient la misère et la guerre de l’été avec Israël.

Comme je connais bien Gaza, j’ai de bons contacts qui m’ont permis de retrouver la trace de trois rescapés du naufrage. Ils sont à Malte, où ils ont été déposés par le porte-container français qui les a sauvés. Ils vivent alors dans un centre pour migrants, encore traumatisés par ces 4 jours et 5 nuits passés dans la mer, totalement immergés, flottant juste avec leurs gilets de sauvetage."

Xavier Yvon s’est donc rendu à Malte, pour recueillir leur terrible témoignage.Un an après, le journaliste a repris contact avec certains d’eux.

"J’ai eu des nouvelles de Mamoun, c’est celui qui a perdu son cousin qui délirait dans les flots. Il avait même été l’invité de Thomas Sotto dans la matinale. Mamoun est aujourd’hui en Belgique, à Liège, où il vit dans un foyer, il voulait absolument quitter Malte.  Je pense à lui à chaque fois qu’on apprend un nouveau naufrage. Je pense surtout à ces gens qui étaient avec lui, qu’il m’a décrits, dont il a raconté l’histoire, et qui ont disparu dans les flots. Ces journalistes de Gaza, par exemple, cette famille syrienne ou encore son petit neveu de 5 ans qui est mort dans ses bras, il s’appelait Mounir Jamsha. Je donne son nom parce que finalement très peu de migrants disparus en mer ont une identité. Ce sont des milliers de morts anonymes. Leur famille souvent ne sait pas ce qu’ils sont devenus. On entend souvent dire que la Méditerranée est un « cimetière de migrants » en fait c’est plutôt une immense fosse commune."