Migrants : l'Europe triple le budget de l'opération Triton

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Migrants : l'Europe triple le budget de l'opération Triton
@ Les principaux dirigeants européens attablés à Bruxelles, jeudi. YVES HERMAN / POOL / AFP
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Budget de l'opération Triton triplé, lutte contre les passeurs et futur sommet Europe/Afrique, les chefs d'Etat européens ont dévoilé plusieurs mesures pour lutter contre les naufrages de migrants. Insuffisant, jugent les ONG.

Au terme d'un sommet extraordinaire réunissant les chefs d'Etat européens, l'UE s'est donc accordée sur un plan de lutte contre ces naufrages à répétition qui font de la Méditerranée un véritable cimetière. Un plan "d'une insuffisance lamentable" selon Amnesty International. Europe1.fr détaille point par point les grands axes de ce plan européen. 

• Les mesures prévues dans l'immédiat 

Matteo Renzi, a demandé de mener des "interventions ciblées" contre les passeurs en Libye, devenu le pays d'embarquement des migrants et des candidats à l'asile en direction de l'Italie et de Malte. 

 Le vice-président de la Commission européenne explique pourquoi il va être difficile de combattre les passeurs : 



Frans Timmermans : "Il sera plus difficile de...par Europe1fr 

Tripler le budget de son opération de sauvetage. L'Union européenne va dans l'immédiat renforcer les opérations de surveillance et de sauvetage en Méditerranée. Le plan propose de doubler, de trois à six millions d'euros, le budget mensuel alloué à Frontex, l'agence chargée de la surveillance des frontières. L'UE va également tripler le budget de son opération de sauvetage Triton, passant de 3 à 9 millions d'euros par mois. Le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker a estimé à la clôture du sommet que la mission Triton disposait désormais d'autant de moyens que l'ancienne mission Mare Nostrum, 100% italienne celle-là.

• Les mesures prévues à moyen terme 

Le troisième volet traite de l'accueil. Il propose aux Etats d'accueillir "au moins 5.000 personnes" ayant déjà obtenu le statut de réfugiés, dans le cadre d'un projet de réinstallation. Il est destiné aux Syriens, pour les dissuader de tenter la traversée. 

Dans le même temps, l'UE veut renvoyer au plus vite les migrants économiques. Les Etats sont invités à aider l'Italie, la Grèce et Malte à enregistrer les arrivants et trier entre ceux qui pourront bénéficier du droit d'asile et ceux qui seront renvoyés. 

C'est la partie la plus controversée du plan, contre laquelle s'insurgent les organisations humanitaires et nombre de députés européens. Le Haut Commissariat pour Les Réfugiés a déploré "une approche minimaliste", et le président des Libéraux au Parlement européen, Guy Verhofstadt, a fustigé "une manque d'ambition épouvantable". 

Plus flou, François Hollande a également annoncé que Malte accueillerait un sommet entre l'Europe et l'Afrique pour trouver une solution concertée.

• Les puissances européennes veulent montrer leur implication

Individuellement, les grandes puissances européennes ont tour à tour annoncé qu'elles mettraient à disposition des moyens propres pour épauler l'UE dans son programme pour endiguer le trafic d'êtres humains. C'est d'abord David Cameron et la Grande-Bretagne qui ont annoncé mobiliser trois navires et des hélicoptères pour renforcer la surveillance sur la Mer Méditerranée. Au sortir du sommet, François Hollande a annoncé que la France elle aussi mettrait des "avions de surveillance" à disposition. Paris mettra aussi à profit son poids diplomatique, en proposant à l'ONU une résolution "permettant de détruire les bateaux utilisés par les trafiquants". 

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