Migrants : Amnesty dénonce des cas de "torture" par des policiers italiens

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Migrants : Amnesty dénonce des cas de "torture" par des policiers italiens
À leur arrivée en Italie, certains migrants refusent de se faire enregistrer afin de pouvoir rejoindre le pays européen de leur choix. Image d'illustration.@ GIOVANNI ISOLINO / AFP
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Amnesty a récolté 24 témoignages de migrants rapportant avoir été battus par des policiers à leur arrivée en Italie. 

Des policiers italiens ont eu recours à des pratiques "assimilables à de la torture" pour obtenir les empreintes digitales de migrants, affirme jeudi Amnesty International, qui rend l'Union Européenne en partie responsable de cette situation.

"Des abus choquants". "Les pressions de l'Union européenne sur l'Italie, pour qu'elle se montre 'dure' envers les migrants et les réfugiés, ont conduit à des expulsions illégales et à de mauvais traitements qui, dans certains cas, sont assimilables à de la torture", écrit l'organisation de défense des droits de l'homme dans un rapport. La politique des "hotspots", centres d'enregistrement décidés par l'UE pour faciliter l'identification des migrants, a poussé l'Italie à agir au-delà de la légalité et conduit à des "abus choquants" de la part de certains policiers, explique Matteo de Bellis, coordinateur de ce rapport. Nombre de migrants refusent d'être identifiés à leur arrivée sur le sol italien afin de pouvoir s'installer ou déposer une demande d'asile dans le pays européen de leur choix.

24 témoignages. Sur les 24 témoignages de mauvais traitements recueillis par Amnesty sur un total de 170 entretiens, quinze font état de coups donnés, y compris avec des matraques électriques, comme l'a raconté un Soudanais de 16 ans. Deux autres témoignages font état de violences sur les parties génitales. Un jeune homme de 27 ans affirme ainsi avoir été contraint de s'asseoir sur une sorte de chaise percée en aluminium avant que la police n'utilise des pinces sur ses testicules, selon ce rapport.

Demande d'une enquête indépendante. Au regard de ces témoignages, Amnesty juge indispensable qu'une enquête indépendante soit diligentée, même si "le comportement de la plupart des policiers reste professionnel et que la grande majorité des prises d'empreintes digitales a lieu sans incident", a précisé Matteo de Bellis.