Michel Barnier : négocier le Brexit, c'est "détricoter 44 ans de relations européennes"

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Le négociateur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne espère que le divorce ne prendra pas plus de deux ans. Sur Europe 1, il est revenu sur les points les plus délicats de cette sortie.

INTERVIEW

Il est au cœur des négociations sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'Europe. Michel Barnier était l'invité de C'est arrivé demain, dimanche sur Europe 1, pour raconter comment se déroulent ces négociations débutées il y a quelques jours.

Sortir de l'UE, du marché unique et de l'union douanière. Le but qu'il poursuit dans ces négociations n'est autre que "celui indiqué par le traité de l'Union européenne. Nous appliquons l'article 50", soit celui qui correspond au "retrait d'un pays de l'UE tel qu'il l'a choisi souverainement." Michel Barnier indique, plus personnellement, aborder les négociations "sans agressivité, sans naïveté non plus, avec l'exigence d'organiser ce retrait ordonné", celui de l'UE, du marché unique et de l'union douanière, et cela "avec beaucoup de conséquences humaines, sociales, économiques, financières, techniques, juridiques", souligne le négociateur. Michel Barnier s'aligne aussi sur la position Merkel : "l'avenir de l'Europe est bien plus important que le Brexit" qui ne doit pas phagocyter l'espace. 

Solde des comptes. Mais en ce qui concerne le Brexit, "il s'agit de détricoter 44 ans de relations européennes, d’intégration. On peut le regretter." Et le divorce s'annonce difficile sur au moins trois points. D'abord celui de sécuriser les droits des citoyens de l'UE. "3,5 millions de citoyens vivent et travaillent au Royaume-Uni et 1,4 million de Britanniques vivent et travaillent en Europe. Il faut sécuriser les droits des travailleurs, des retraités. Nous voulons sécuriser les droits qu'ils ont acquis jusqu'au jour du Brexit."

"Bâtir un nouveau partenariat". Le deuxième point dur, selon Michel Barnier, est de "solder les comptes. Les Britanniques sont partie prenante à un budget européen que nous établissons sur sept ans. Il payent 15 ou 16% du tout, cela représente 10 milliards de contribution nette par an. Aujourd'hui, nous soldons les comptes des engagements qu'ils ont pris sur cette période de sept ans."

Le troisième point sérieux concerne les frontières, "notamment en Irlande", précise Michel Barnier, qui espère que ces négociations n’excéderont pas deux ans. "Il n'est ni souhaitable ni nécessaire de prolonger ce divorce. Nous avons besoin de bâtir un nouveau partenariat avec le Royaume-Uni, composé d'une relation, économique, commercial avec un accord de libre échange et sans doute avec un accord de coopération militaire et de sécurité".