Mexique : le rapport d'enquête sur les étudiants disparus mis en ligne

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Mexique : le rapport d'enquête sur les étudiants disparus mis en ligne
@ ALFREDO ESTRELLA / AFP
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La version officielle qui soutient que les 43 étudiants ont été livrés à un cartel de drogue est toujours remise en cause par les familles des victimes.

Les autorités judiciaires mexicaines ont mis en ligne les 54.000 pages de l'enquête controversée sur la disparition de 43 étudiants l'an dernier à Iguala, au Mexique. L'enquête officielle, qui a conclu à leur mort après avoir été livrés à un cartel de drogue, est remise en cause par les parents des victimes mais aussi par des organisations de défense de droits de l'homme.

"Droit citoyen à l'information". L'imposant dossier, contenant 85 tomes et 13 annexes, a été publié dimanche sur le site internet du bureau de la procureure générale mexicaine Arely Gomez, "dans le but de garantir du mieux possible le droit citoyen à l'information", ont indiqué les autorités judiciaires dans un communiqué. Plusieurs noms et certains documents du rapport d'enquête ont cependant été masqués, ainsi que certaines photos. Les journalistes avaient été tout récemment autorisés à consulter ces pages dans les bureaux de la procureure ou à en obtenir des copies payantes.

Tués par un cartel de drogue, selon l'enquête officielle. Les autorités mexicaines avaient conclu l'an dernier que la police de la ville d'Iguala, dans l'Etat du Guerrero (sud), avait attaqué le 26 septembre 2014 les étudiants de l'école normale d'Ayotzinapa après qu'ils s'eurent emparés d'autobus pour participer à une manifestation dans la capitale.  La police d'Iguala les aurait ensuite livrés au cartel de la drogue des Guerreros Unidos qui les aurait confondus avec un cartel rival et les aurait tués avant de les incinérer dans une décharge.

Nouvelles investigations à l'avenir ? Les parents des étudiants disparus ont cependant toujours contesté cette version et plusieurs organisation de défense des droits de l'homme ont reproché à l'ancien procureur général Murillo Karam d'avoir conclu trop hâtivement à la mort des 43 jeunes. Le mois dernier, la commission interaméricaine des droits de l'homme, composée d'experts indépendants, avait indiqué qu'il n'y avait pas de preuve que les étudiants avaient été incinérés. Elle avait demandé à ce que de nouvelles pistes d'investigations soient explorées, notamment celle d'un détournement par inadvertance d'un bus contenant de l'héroïne par les étudiants.