Mexique : Human Rights Watch dénonce les violences policières

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Mexique : Human Rights Watch dénonce les violences policières
@ ALFREDO ESTRELLA / AFP
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Des agents de la police fédérale mexicaine auraient exécuté illégalement au moins 11 personnes lors de deux fusillades cette année dans l'Etat du Michoacan.

Des agents de la police fédérale mexicaine auraient exécuté illégalement au moins 11 personnes lors de deux fusillades cette année dans l'Etat du Michoacan (ouest), selon un rapport publié mercredi par l'ONG Human Rights Watch (HRW).

"Des policiers exécutant des civils non armés". Plusieurs témoins de ces deux épisodes sanglants, au cours desquels 50 civils ont été tués, ont déclaré "avoir vu des policiers exécuter des civils non armés lors de fusillades, alors que les situations étaient déjà maîtrisées", indique l'ONG. Pourtant, "la réaction du gouvernement a été de nier le recours illégitime à la force et se borner à présenter les victimes comme agresseurs", ajoute le rapport. "Aucun policier n'a été arrêté", pour les faits qui se sont produits à Apatzingan le 6 janvier dernier, où huit civils ont trouvé la mort, et à Tanhuato le 22 mai, lors d'une fusillade qui a causé la mort de 43 personnes dont un policier, précise encore le rapport de HRW.

Accusations régulières d'abus et de violence. La tragédie d'Apatzingan avait eu lieu après un rassemblement de civils, membres de milices d'autodéfense protégeant les citoyens contre le cartel des Chevaliers Templiers, en face de la mairie de la ville. Un témoin interrogé par l'ONG affirme qu'une fusillade a éclaté après la manifestation et que les policiers ont ouvert le feu sans sommation, tuant deux civils alors qu'ils étaient à terre. Le gouvernement mexicain soutient que les manifestants ont ouvert le feu, mais l'ONG a reçu de ce même gouvernement une vidéo de surveillance montrant que les civils n'étaient pas armés.

Récemment, sept militaires ont été incarcérés pour l'exécution présumée de huit civils lors d'un affrontement ayant fait 22 victimes en juin 2014, mais quatre des policiers ont ensuite été relâchés faute de preuve.