Megaupload : où en est l'enquête ?

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Megaupload : où en est l'enquête ?
La légalité des activités de Megaupload est remise en cause, tout comme l'avenir de ce site de partage.@ MEGAUPLOAD
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Deux nouvelles personnes ont été interpellées, une autre reste activement recherchée.

Le raid sans précédent mené par les autorités américaines contre le site de stockage et de partage de fichiers, Megaupload se poursuit. Lundi, deux hommes ont été interpellés, ce qui porte à six le nombre d'arrestations dans ce dossier.

Combien de personnes ont été interpellées ? Quelles sont les prochaines étapes judiciaires qui attendent le site de partage et son fondateur ? Quid des autres sites de téléchargement ? Europe1.fr fait le point sur la situation.

Combien de personnes ont été interpellées ? Au total, 20 mandats d'arrêt ont été émis dans neuf pays différents et principalement aux États-Unis. Jeudi soir, le fondateur de Megaupload, l'Allemand Kim Schmitz, surnommé Kim Doctom, a été interpellé par la police néo-zélandaise. Le fondateur du site Megaupload.com a nié lundi toute activité illégale et demandé sa libération sous caution, sur laquelle le tribunal ne décidera pas avant mardi.

Le jour de l'arrestation du patron de Megaupload, les enquêteurs ont également interpellé Finn Batato, 38 ans, responsable du marketing, et le cofondateur et responsable technique du site, Mathias Ortmann, 40 ans, tous deux de nationalité allemande, ainsi qu'un Néerlandais de 29 ans, Bram van der Kolk.

Lundi, deux nouvelles personnes ont été interpellées, ce qui porte à six le nombre d'arrestations. Un Slovaque, Julius Bencko, est toujours recherché par les autorités américaines. L'acte d'accusation vise en effet sept responsables du site de partage de fichiers.

Que reproche-t-on à Megaupload ? Une procédure criminelle a été ouverte jeudi contre les sept principaux fondateurs du site, soupçonnés d'avoir enfreint la législation sur les droits d'auteurs. Selon l'acte d'accusation, qui comprend 72 pages, Megaupload aurait entraîné un manque à gagner de plus de 385 millions d’euros pour les ayant-droits. Le site aurait également accumulé 135 millions de d’euros de profit via les abonnements et la publicité.

La justice américaine reproche aussi aux fondateurs de Megaupload de ne pas avoir respecté la loi DMCA, qui permet aux ayant droit de réclamer le retrait d’un contenu. Enfin, les enquêteurs ont également mis à jour des pratiques douteuses, qui consistaient à rémunérer les internautes qui partageaient les contenus les plus populaires sur Megaupload. Selon l’acte d’accusation, le site aurait reversé 9 millions de dollars aux internautes qui alimentaient en fichiers souvent piratés, donc illégaux.

En résumé, les principaux responsables de Megaupload, sont inculpés pour conspiration de racket, conspiration de violation de copyright et blanchiment d'argent. Il risque plusieurs dizaines d'années de prison.

L'activité de Megaupload paralysée ? La justice américaine a ordonné la saisie de 18 noms de domaines et de 525 serveurs installés par la société à Ashburn, en Virginie, en complément de ses 630 serveurs hébergés par le néerlandais LeaseWeb et de ceux fournis par l'américain Cogent en France, rapporte Les Echos.

Que vont devenir les fichiers stockés par Megaupload ? Selon Le Parisien, la plateforme de partage totalise plus de 180 millions d'utilisateurs et 50 millions de visites par jour, soit environ 4 % du trafic total sur Internet. Autant d'internautes laissés en pleine incertitude concernant le devenir de leurs fichiers personnels. Dans une interview accordée au site PCInpact, un des salariés a confié que l'objectif était de "rétablir le service à nos utilisateurs et entreprises qui s'en servent quotidiennement".

Car le site de partage permet également à des utilisateurs de stocker leurs fichiers personnels, comme des photos, des vidéos, des documents écrits. "On ne sait pas encore ce que vont devenir les milliers de fichiers que Megaupload abritait, maintenant que le site est décapité et inaccessible", a déclaré le directeur technique de la plateforme, cité par Le Parisien.

D'autres sites visés ? Si les sites concurrent n'ont pas été visés directement par une action de la justice américaines certains ont pris les devant en mettant place des restrictions pour éviter des procédures similaires. Selon Le Monde.fr, Uploaded.to a interdit l'accès à son site aux internautes venant des Etats-Unis. Filesonic a désactivé sa fonction de partages de fichier et Fileserve a annoncé qu'il arrêtait de rétribuer ses contributeurs qui chargeaient des fichiers populaires sur la plate-forme. Par ailleurs, VideoBB et VideoZer ont supprimé une grande partie des fichiers qu'ils hébergeaient et ont nettoyé leur catalogue, indique le Figaro.fr.

Seuls Mediafire et Rapidshare, deux des principaux concurrents de MegaUpload, assurent qu'ils ne comptent pas prendre de mesure particulière.