Maroc, les clés du scrutin

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Maroc, les clés du scrutin
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DECRYPTAGE - Les législatives, qui ont débuté vendredi, s'annoncent indécises. Europe1.fr fait le point.

Qui vote, et pourquoi ? Les 13 millions de Marocains appelés aux urnes ont commencé vendredi à voter pour renouveler le Parlement, suite à la réforme constitutionnelle décidée par le roi en juillet. Ces élections anticipées ont pour principal but pour Mohammed VI d'apaiser les relations avec le peuple marocain après le printemps arabe. 325 sièges sont à pourvoir au Parlement. Le roi choisira le chef du gouvernement au sein du parti vainqueur.

Qui sont les favoris ? Seules cinq des 31 formations politiques en lice dans ces élections figurent parmi les favorites. Dans le détail, le parti de l'Indépendance (PI) sera représenté dans les 92 circonscriptions, presque comme l’Union socialiste des forces populaires et le Parti justice et développement (PJD) présents dans 91 circonscriptions.

"Si le PJD, un parti islamiste, remporte le scrutin, le roi jouera-t-il la transparence et lui donnera le pouvoir ? Peut-être pointera-t-il du doigt la crise, préférant dans ce cas choisir son ministre des Finances Salaheddine Mezouar, un technicien"… analyse Khadija Mohsen Finan, chercheuse spécialiste du Maroc et enseignante à l’Institut d’études politiques de Paris. Le PJD, qui se réclame de l'AKP turc, ne fait de toute façon pas l'unanimité parmi les partis en lice et pourrait subir une défiance totale de ceux-ci au moment de créer une coalition.

Le Rassemblement national des indépendants (86), le Parti de l'authenticité et de la modernité (81) et le FFD (80) sont les autres favoris. "Pour une fois, il y a une part d'inconnue introduite, c'est une bonne chose", estime Khadija Mohsen Finan, incapable de pronostiquer la victoire de l'un ou l'autre. "Il faut vraiment attendre l'élection de demain pour savoir", a-t-elle confié jeudi à Europe1.fr.

Les yeux rivés vers le taux de participation. La spécialiste, s'attend à "50%" de participation. "La principale question est de savoir si le roi va être capable de mobiliser après la réforme constitutionnelle", explique-t-elle à Europe1.fr. "Soit les Marocains estiment que ce scrutin peut changer les choses et ils iront voter, soit ils pensent que cela ne changera rien et ils n'iront pas", ajoute-t-elle.

La "participation électorale sera suivi de près parce qu'elle sera analysée comme un indicateur de l'enthousiasme de l'opinion pour les réformes" du roi, note Human right watch (HRW), interrogé par l'AFP. Des réformes auxquelles ne croit pas le Mouvement du 20-Février. Il appelle à un boycott pur et simple de ces élections.

Quel poids aura le roi après le scrutin ? S'il y a une chose de claire dans le scrutin de vendredi, c'est celle-là. Le roi conservera tous ses pouvoirs après l'élection, quels qu'en soient les résultats. "Les pouvoirs accordés au roi sont très importants", précise Khadija Mohsen Finan.

"Il est présent au conseil des ministres, il prend les décisions au niveau de l'exécutif, il peut dissoudre le Parlement, il a un pouvoir religieux", énumère la spécialiste du Maroc. Quoiqu'il arrive ces élections n'atteindront pas le pic de participation relevé lors du dernier référendum sur la constitution de Mohammed VI, un vote pour lequel plus de 95% de Marocains s'étaient déplacés…