Manifestation sanglante sur le plateau du Golan

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Manifestation sanglante sur le plateau du Golan
@ REUTERS
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Israël a tiré sur des Palestiniens et Syriens venus contester l’occupation de cette zone.

L'armée israélienne a tiré dimanche sur des manifestants palestiniens et syriens qui tentaient de pénétrer sur le plateau du Golan occupé, faisant 14 morts et 225 blessés selon Damas.

Les manifestants célébraient l'anniversaire de la "Naksa", la défaite arabe de juin 1967, suite à laquelle l’Etat hébreu a occupé le plateau du Golan, une zone stratégique de la région car située en altitude et pourvoyeuse d’eau. Une occupation qui n'a par ailleurs pas été reconnue par la communauté internationale.

14 victimes, plus de 200 blessés

Des centaines de protestataires, agitant des drapeaux palestiniens et syriens, ont tenté de franchir une première barrière de barbelés avant un champ de mines, tout près de la ville de Majdal Chams, dans la partie occupée du Golan.

"Quatorze personnes ont été tuées, dont une femme et un enfant, et 225 autres ont été blessées par les tirs israéliens aux abords du Golan", a indiqué la télévision syrienne, bien qu’il soit encore difficile de confirmer ce bilan. Un médecin dans la ville de Kuneitra, Ali Kanaane, a précisé que les tués avaient été "touchés par balles dans la tête et la poitrine".

Israël "pas eu d'autre choix"

Un porte-parole de l'armée israélienne a assuré que les militaires n'avaient "pas eu d'autre choix que d'ouvrir le feu en direction des pieds des manifestants afin de les dissuader", plusieurs dizaines d'entre eux ayant ignoré les avertissements verbaux et les coups de semonce.

Le porte-parole de l'armée israélienne, Yoav Mordechai, a par ailleurs précisé que la situation était désormais "sous contrôle". En début de soirée, les soldats israéliens ont procédé à des tirs massifs de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.

Un soutien de Damas pour faire diversion ?

Comme le 15 mai, l'armée israélienne a accusé le régime de Damas de "provocation" pour détourner l'attention de la sanglante répression des manifestations contre le régime, faisant état de projectiles lancés par les manifestants mais pas d'armes de guerre en leur possession.

Les manifestations ne se sont pas limitées au Golan syrien, rassemblant des centaines de personnes dans les territoires palestiniens, tant en Cisjordanie que dans la bande de Gaza. Au Liban voisin, les réfugiés palestiniens observaient une journée de deuil, l'armée libanaise ayant interdit les marches près de la frontière avec Israël.