MAM chahutée à Gaza

  • A
  • A
MAM chahutée à Gaza
MAM a été chahutée lors de sa visite à Gaza vendredi.@ REUTERS
Partagez sur :

La visite de la ministre des Affaires étrangères a été perturbée par des manifestations pro-Hamas.

Tout est parti d’un quiproquo. Michèle Alliot-Marie, en visite dans la bande de Gaza, vendredi, a été conspuée par quelques dizaines de protestataires lui reprochant des propos qui lui ont été attribués par erreur au sujet du soldat israélien Gilad Shalit, enlevé en juin 2006, et actuellement aux mains du mouvement islamiste Hamas.

"Ce n’était pas grave"

Un manifestant a imputé à Michèle Alliot-Marie des propos tenus jeudi en sa présence par le père de Gilad Shalit, Noam Shalit, qualifiant de "crime de guerre" la détention au secret de son fils, qui a également la nationalité française.

Dans un communiqué publié jeudi soir sur la foi des propos de Noam Shalit attribuées à tort à la ministre française par plusieurs médias, dont la radio israélienne, le Hamas a dénoncé "la déclaration partiale de la ministre française des Affaires étrangères décrivant l'enlèvement de Shalit comme un "crime de guerre"".

Une chaussure lancée

Sa visite de l'hôpital Al-Quds à Gaza a donc été perturbée par les manifestants, qui ont provoqué une cohue au milieu de laquelle la ministre est restée imperturbable. Une chaussure a été lancée en sa direction, mais elle l'a esquivée, selon des témoins. Auparavant, les mêmes protestataires avaient jeté des chaussures et des oeufs vers son véhicule lors de son arrivée au poste de sécurité du Hamas.

"Michèle, go home!" ont clamé les manifestants au passage de la voiture de la ministre :

"Dans les manifestants, il y avait des mères dont je peux comprendre la tristesse, mais d'autres avaient souvent d'autres visées. Il faut rester serein. Il y avait une trentaine, une cinquantaine de manifestants, ce n'était pas très grave", a déclaré la ministre après le premier incident.

Un appel à la levée du blocus

Dans un discours au Centre culturel français de Gaza, elle a appelé Israël à lever complètement le blocus du territoire peuplé d'1,5 million d'habitants, dont 85% dépendent de l'aide internationale. "Le blocus de Gaza engendre la pauvreté et nourrit la violence. Au nom des valeurs de liberté et de dignité que nous avons en partage, la France appelle Israël à y mettre fin", a-t-elle déclaré. ". "Des mesures d'allègement ont été prises (par Israël). Elles sont positives mais il faut aller plus loin", a plaidé la chef de la diplomatie.

Après Gaza, Michèle Alliot-Marie doit poursuivre sa première tournée au Proche-Orient par l'Egypte et la Jordanie, deux régimes inquiets d'éventuelles répercussions de la révolution tunisienne..