Mali : les troupes avancent vers le Nord

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Mali : les troupes avancent vers le Nord
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L'ESSENTIEL - Deux colonnes de soldats français progressent vers le nord occupé par les islamistes.

# SUR LE TERRAIN

soldat, français

© Reuters

Progression vers le Nord. Deux colonnes de soldats français progressent dimanche vers le nord du Mali, occupé par des combattants islamistes. Les troupes françaises doivent désormais se sentir moins seules : Berlin a déjà annoncé l'envoi de deux avions de transports, la Russie aurait proposé à la France d'acheminer des troupes ou matériels français au Mali, tandis que le Canada prendrait en charge une partie du transport de la force africaine au Mali.

Situation "pas très claire" à Diabali. La situation "n'est pas très claire" à Diabali, localité de l'ouest du Mali prise lundi par les islamistes armés qu'ils auraient ensuite abandonnée. "A priori les combattants rebelles ont quitté la ville", a déclaré à la presse un lieutenant-colonel. "A l'heure où je vous parle, la ville de Diabali n'est pas encore reprise par les forces maliennes", a confirmé Jean-Yves Le Drian, invité de l'émission "C'politique" sur France 5, en ajoutant toutefois que "tout laiss(ait) à penser que l'évolution de Diabali va être positive dans les heures qui viennent". Francetvinfo a diffusé dimanche une vidéo amateur qui montre la ville de Diabali vidée des djihadistes, mais ravagée :

Des exactions dénoncées. Selon leurs représentants, les communautés arabe et touareg au Mali sont victimes d'exactions et d'actes de vengeance après la libération de villes et de villages qui avaient été pris par les djihadistes. "Il y a eu des exactions, des violations de domicile. Combien ? Je n'ai pas les chiffres précis. Ce n'est pas la peine de les citer, ils ne doivent pas se répéter", a déclaré Mohamed Oumrani, président d'Al-Carama, "Alliance de la communauté arabe du Mali". "Des exactions, des arrestations ont eu lieu en plusieurs endroits, à Bamako aussi. Il est normal qu'un pays en état de guerre tâtonne, mais il faut corriger les torts faits à des innocents".

Les otages français "sont vivants". Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a affirmé dimanche que les otages français au Sahel étaient "vivants", lors de l'émissison "C'Politique" sur France 5, peu après que le président François Hollande a reçu à l'Elysée les familles de ces derniers. Il a dit qu'il y avait des "contacts avec les preneurs d'otages" qui ne sont pas les mêmes pour tous les Français retenus. Plus tôt dans la journée, Laurent Fabius avait confié n'avoir pas eu de nouvelles "toutes récentes" de ces otages, lors du Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui en France/I-Télé. "Nous faisons le maximum pour libérer les otages et les preneurs d'otages doivent savoir que s'ils mettaient leurs menaces à exécution, ils risqueraient gros", a averti Laurent Fabius.



Fabius : "aucune impunité face aux terroristes"par Europe1fr

# SUR LE PLAN POLITIQUE

kouchner carré

© MAXPPP

Pour Kouchner, c'est "l'affaire de tous". Bernard Kouchner, ancien ministre des Affaires étrangères, estime que la situation au Mali est "l'affaire de tous" et regrette le manque de soutien européen aux opérations engagées par la France pour repousser les groupes islamistes armés, dans une interview au Parisien Dimanche. "C'est à désespérer tous ceux qui, comme moi, croient encore à l'Europe", déclare-t-il, en espérant notamment à propos de l'Allemagne "que Berlin n'assimile pas cette nécessaire réaction française à une expédition coloniale". "Ce combat commun, c'est le combat de l'Europe", ajoute-t-il.

EELV soutien l'action du gouvernement. Le conseil fédéral d'Europe Ecologie-Les Verts, réuni à Paris samedi et dimanche, a voté une motion approuvant l'intervention française au Mali mais a demandé au gouvernement "d'éviter tout discours belliciste". Dans cette motion, les écologistes déclarent approuver l'intervention "qui a permis d'arrêter la progression d'une coalition de groupes armés fondant leur hégémonie sur la force militaire et des exactions imposées aux populations locales". Par ailleurs, la motion "salue la décision de la Cour pénale internationale d'enquêter sur l'ensemble des violations graves des droits de l'homme commises au Mali depuis le 1er janvier 2012".

Belmokhtar "prêt à négocier". L'Algérien Mokhtar Belmokhtar a revendiqué au nom d'Al Qaïda la responsabilité de la prise d'otages du site gazier d'In Amenas, en Algérie, rapporte dimanche le site internet d'information mauritanien Sahara Media. "Nous, Al Qaïda, annonçons cette opération bénie", déclare le responsable djihadiste dans cette vidéo que le site n'a pas mise en ligne directement et dont il est impossible de vérifier en l'état actuel des choses l'authenticité. "Nous sommes prêts à négocier avec les Occidentaux et le gouvernement algérien à condition qu'ils cessent de bombarder les musulmans du Mali", a souligné Belmokhtar.

Joschka Fischer

© Reuters

Un ancien ministre allemand critique son pays. Joschka Fischer, ancien ministre allemand des Affaires étrangères a critiqué l'absence d'une intervention plus importante de l'Allemagne au Mali, dans une interview accordée au magazine Der Spiegel. "On ne peut pas dire que le déploiement d'Al-Qaïda au Mali est une menace pour l'Europe et laisser les autres faire le travail", déclare l'ancien chef de la diplomatie du gouvernement Gerhard Schröder (1998-2005). Selon Joschka Fischer, qui s'est retiré de la vie politique en 2005, l'Allemagne "devrait soutenir la France".