Mali : après Gao, Tombouctou

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Mali : après Gao, Tombouctou
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L'ESSENTIEL - Les soldats français et maliens avancent vers cette cité mythique.

L'INFO. Après leur offensive éclair de Gao samedi, les soldats français et maliens ont avancé dimanche vers la cité mythique de Tombouctou, classée au patrimoine mondial de l'Unesco. L'aviation française a aussi bombardé des positions islamistes dans leur fief de Kidal, à 1.500 km de Bamako, alors que des sources font état depuis plusieurs jours d'un repli des combattants islamistes dans les montagnes de cette région, dans l'extrême nord-est malien.

# SUR LE TERRAIN

mali soldats 930

© Reuters

Soldats français et maliens progressent parallèlement par voie terrestre, en direction de Tombouctou, ville-phare de l'islam en Afrique, à 900 km au nord-est de Bamako. Les "troupes françaises et maliennes" seront "bientôt près de Tombouctou", a assuré samedi le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault. Des "éléments précurseurs" de l'armée malienne ont même pu s'infiltrer dimanche dans la périphérie de Tombouctou, selon un haut gradé de l'armée malienne.

"Les troupes maliennes et françaises avancent en direction de Tombouctou, sans rencontrer de résistance, aucune résistance", a insisté cette source, qui a souligné que la principale préoccupation était "la sécurisation des biens et des personnes". "A Gao, des cas de pillages, et d'atteinte aux biens ont été constatés. Nous voulons éviter les mêmes scènes à Tombouctou et ailleurs", a-t-elle précisé.

# LES SOUTIENS

Thomas Boni Yayi 930-1000

© Reuters

• Les forces africaines. Côté africain, les chefs d'état-major de la région ont porté samedi à 7.700 hommes les effectifs promis dans le cadre de la Misma, soit 2.000 de plus que prévu. Liberia, Guinée-Bissau, Burundi, Guinée et Uganda doivent y être associés, mais on ignore si les problèmes de financement, de transport et d'équipement ont été résolus. Pour l'heure, seuls 1.900 soldats africains sont arrivés au Mali. Une longue colonne de véhicules blindés et de plusieurs centaines de militaires tchadiens a quitté Niamey samedi en direction de la frontière malienne.

A Addis Abeba, le chef d'Etat béninois Thomas Boni Yayi, président sortant de l'Union Africaine (UA), a déploré devant ses pairs réunis en sommet la lenteur de l'organisation à agir pour "défendre" le Mali et "salué" l'intervention française.

• L'aide américaine. Le Premier ministre français a lui appelé dimanche "la communauté internationale à continuer à se mobiliser" sur le dossier malien en expliquant que "chacun pouvait contribuer, selon ses possibilités, à aider ce pays et ceux de l'Afrique de l'Ouest qui viennent à son secours". Paris a reçu dans la nuit de samedi à dimanche une nouvelle marque de soutien de la part des Etats-Unis, qui ont accepté à sa demande de ravitailler en vol les avions français engagés au Mali.

• Les touaregs. Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, porte-parole du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le mouvement touareg dont la rébellion séparatiste dans le nord du pays a été évincée par des groupes islamistes, a par ailleurs proposé aux forces militaires françaises l'aide de ses combattants, particulièrement aguerris dans le désert.

# LES ISLAMISTES

Iyad Ag Ghaly 930-1000

© Reuters

D'après une source de sécurité malienne, les principaux responsables des groupes islamistes armés, Iyad Ag Ghaly, le chef d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), et l'Algérien Abou Zeid, l'un des émirs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), se sont réfugiés dans les montagnes de Kidal où des positions islamistes ont été bombardées samedi par des avions français.

"Ces frappes ont notamment touché la maison de Iyad Ag Ghaly à Kidal et un camp militaire", a déclaré une source de sécurité malienne. La maison du chef d'Ansar Dine, ex-militaire et ex-figure des rébellions touareg des années 1990 au Mali, a été détruite, selon des habitants.