Mali : 36 morts dans des affrontements

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Mali : 36 morts dans des affrontements
Des casques bleus de l'ONU, à Kidal, en juillet 2013.@ REUTERS/Adama Diarra
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MALI - De violents affrontements entre l'armée malienne et des hommes armés ont causé la mort de 36 personnes selon le gouvernement.

L'info. Des violences meurtrières ont secoué la ville de Kidal, dans le Nord du Mali. Les affrontements, qui ont opposé samedi soldats maliens et hommes armés à Kidal (extrême nord-est) ont fait 36 morts, dont huit militaires, a annoncé dimanche le gouvernement, accusant la rébellion touareg du MNLA et "des groupes terroristes" de retenir aussi une trentaine d'otages. Samedi, les soldats maliens ont affronté à Kidal "le MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad), appuyé par des éléments des groupes terroristes", a affirmé le ministre malien de la défense.

"Le Mali en guerre". "Les terroristes ont déclaré la guerre au Mali, le Mali est donc en guerre contre ces terroristes", a déclaré le Premier ministre malien Moussa Mara, sans préciser s'il parlait de rebelles touareg mis en cause par son gouvernement. "Quand quelqu'un attaque la République, c'est un terroriste, quelles que soient son origine, son appartenance à un terroir. Nous allons donc mener une guerre sans merci à ces terroristes", a-t-il précisé. 

Une trentaine de fonctionnaires otages "Nos forces ont repris le contrôle de tous les bâtiments administratifs à l'exception, pour le moment, du gouvernorat, où le MNLA et les terroristes détiennent une trentaine de fonctionnaires en otages", a-t-il dit. Samedi, une source militaire avait fait état d'un soldat ayant succombé à ses blessures, tandis que le MNLA avait affirmé avoir tué quatre militaires et déplorer un blessé dans ses rangs. Dimanche matin, un responsable au gouvernorat de Kidal avait déclaré à l'AFP: "Une trentaine d'agents [des civils et des militaires] sont portés disparus. Nous ne connaissons pas leur sort".

Manifestation contre une visite du Premier ministre. "Ces affrontements se sont produits alors que les forces maliennes agissaient dans le cadre "de leurs missions de sécurisation du séjour du Premier ministre (Moussa Mara) et de sa délégation à Kidal", a souligné le ministre de la défense. Le Premier ministre effectuait en effet une tournée dans le nord du Mali, sa première depuis sa prise de fonction début avril. Il s'était rendu vendredi à Tombouctou, et se trouvait dimanche à Gao. Le calme est revenu à Kidal dans la nuit de samedi à dimanche, selon un responsable local de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma).Vendredi, plusieurs centaines de jeunes et de femmes avaient manifesté à l'aéroport contre cette visite.

L'Etat peine à affirmer son autorité. Les régions de Kidal, Gao et Tombouctou ont été occupées pendant près de dix mois entre 2012 et 2013 par des groupes armés incluant des islamistes liés à Al-Qaïda. Ces derniers ont été chassés des grandes villes par l'opération militaire internationale déclenchée en janvier 2013 à l'initiative de la France. Affaiblis, ces groupes demeurent présents dans le Nord, et y commettent régulièrement des attaques meurtrières. Car dans cette région, l'Etat malien n'a jamais véritablement repris le contrôle.

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