Macron au Mali pour le coup d'envoi de la force régionale

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Macron au Mali pour le coup d'envoi de la force régionale
@ BENJAMIN CREMEL / AFP
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Le président français sera le seul chef d'Etat occidental présent

Emmanuel Macron assistera dimanche à Bamako au sommet du G5 Sahel qui donnera le coup d'envoi d'une force régionale  attendue de longue date dans une région ébranlée par des attaques djihadistes, malgré la présence des forces internationales.

Ce "sommet extraordinaire" sera l'occasion pour le chef de l'Etat d'annoncer une "amplification du soutien" de son dispositif antiterroriste Barkhane aux armées de la région et de rencontrer ses homologues, dont le Tchadien Idriss Déby. La situation au Mali, où plus d'un millier de soldats français sont déployés et où l'application de l'accord de paix s'enlise, sera également à l'ordre du jour à Bamako, où la France va tenter de "remobiliser tout le monde", selon l'Elysée.

Remplacer la force de maintien de la paix de l'Onu et le dispositif antiterroriste français Barkhane. Après deux ans de discussions, le Mali, le Tchad, la Mauritanie, le Niger et le Burkina Faso.se sont mis d'accord en février sur la création d'une force régionale qui aura la possibilité d'agir au-delà des frontières. A terme, cette force africaine, dont la mise en place est soutenue de longue date par Paris, aura vocation à appuyer puis à remplacer la force de maintien de la paix de l'Onu (Minusma) et le dispositif antiterroriste français Barkhane. La force, qui sera basée à Bamako, a reçu successivement le soutien de l'Union africaine, de l'Union européenne et plus récemment des Nations unies dont le Conseil de sécurité a salué le déploiement, sans allant jusqu'à autoriser le recours à la force comme le souhaitait Paris.


Cette force, qui devrait compter à terme 10.000 hommes. "Nous avons toujours dit que la sécurité de la région devait être effectuée par les Africains eux-mêmes. C'est une étape qu'il ne faut pas sous-estimer", a estimé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian dans une interview au Monde publiée jeudi, à trois jours du sommet. Cette force, qui devrait compter à terme 10.000 hommes, devrait se concentrer sur la zone frontalière entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, une région durement frappée depuis le début de l'année par une série d'attaques.

Quatre ans après avoir lancé l'opération Serval au Mali pour contenir la progression de groupes armés, la France peine toujours à convaincre ses partenaires européens et américains de contribuer à la lutte contre le terrorisme dans la région. L'objectif, dimanche, sera donc de faire en sorte que "cette force ne soit pas soutenue seulement par Barkhane mais qu'on élargisse le champ des soutiens", souligne-t-on à l'Elysée. Car, pour l'heure, si certains pays ont manifesté leur intérêt, les engagements concrets en faveur de cette force, qui devrait être opérationnelle "à la fin de l'été ou au début de l'automne", se comptent sur les doigts d'une main.