Luxembourg sur la "liste grise" : Juncker furieux

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Luxembourg sur la "liste grise" : Juncker furieux
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Dans une interview à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel à paraître lundi, le premier ministre luxembourgeois juge "scandaleux" que son pays soit placé par l’OCDE sur la "liste grise" des pays qui ne coopéreraient pas suffisamment à la lutte contre les paradis fiscaux.

"C'est inacceptable." Le premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker s'offusque, dans une interview accordée à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, de voir son pays inscrit par l'OCDE sur la "liste grise" des pays qui ne coopéreraient pas suffisamment à la lutte contre les paradis fiscaux.

"Je suis déçu de voir que mes collègues européens n'ont pas tenu la promesse qu'ils nous avaient faite à Bruxelles. Je considère cela scandaleux." Jean-Claude Juncker rappelle que lors d’un sommet à Bruxelles en mars, les dirigeants européens étaient tombés d'accord pour qu'aucun pays de l'UE ne figure sur la liste. Or, en plus du Luxembourg, la Belgique et l'Autriche sont les autres membres de l’UE mentionnés dans cette liste.

Le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, a relancé la polémique cette semaine en présentant le Luxembourg, le Liechtenstein, la Suisse et l'Autriche, de même que Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, comme étant des zones à problèmes pour les services fiscaux à la recherche des fraudeurs.

Franz Müntefering, qui dirige le SPD, le parti social-démocrate allemand, avait préconisé en février des mesures sévères contre les paradis fiscaux : "Avant, on y aurait envoyé des soldats. Aujourd’hui, ce n’est plus possible aujourd’hui", avait-il alors déclaré. "Nous ne trouvons pas cela amusant, rétorque Jean-Claude Juncker. Nous avons été occupés, nous avons souffert de l'occupation allemande" pendant la dernière guerre.