L’incroyable feuilleton Pistorius

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L’incroyable feuilleton Pistorius
@ AFP
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CHRONOLOGIE - L’affaire Pistorius connaît un nouveau rebondissement avec la condamnation jeudi en appel pour "meurtre" de l’ancien champion paralympique, ouvrant la voie à une peine de prison d’au moins 15 ans.

C’est une affaire qui n’en finit pas de faire les gros titres. Et qui connaît jeudi un nouvel épisode : l’ancienne légende de l'athlétisme mondial amputé des deux jambes, Oscar Pistorius, a été déclaré coupable de "meurtre" sur sa compagne par la Cour suprême d’appel sud-africaine. Une condamnation qui ouvre la voie à une peine de prison d’au moins 15 ans. Retour sur les dates-clés d’une histoire hors-norme qui a profondément marqué l’Afrique du Sud.

Le 14 février 2013, la Saint-Valentin vire au drame. Que s’est-il passé cette fameuse nuit de la Saint-Valentin au domicile de l’ancien champion paralympique d’athlétisme à Pretoria ? Cette question va hanter les enquêteurs et la presse. Oscar Pistorius est arrêté après la découverte dans la salle de bain du corps sans vie de son amie Reeva Steenkamp, mannequin et star de téléréalité. Cette dernière a été abattue de quatre balles.

L’inspecteur Hilton Botha, qui est prévenu par un supérieur à 4 heures du matin, raconte à Vanity Fair avoir trouvé le sportif, assis sur un banc de musculation, la tête dans les mains, pleurant. "Que s’est-il passé ?", lui demande-t-il. Réponse de l'ex- star des pistes : "J’ai cru que c’était un cambrioleur". Une thèse que le sportif va défendre tout au long de son parcours judiciaire. Mais à laquelle l’inspecteur ne croit pas : pour lui, la thèse de l’homicide volontaire ne fait aucun doute. "Pourquoi un cambrioleur irait-il s’enfermer dans les toilettes ? (...) Pourquoi la victime a-t-elle emporté son téléphone portable dans la salle de bain à trois heures du matin ?", s'interroge-t-il dans Vanity Fair.

Le lendemain, Oscar Pistorius comparaît, en larmes, devant le tribunal d’instance de Pretoria et est formellement inculpé du meurtre de Reeva Steenkamp.

Les 19 et 22 février 2013 : la préméditation retenue, une libération sous caution. Pour le ministère public sud-africain, aucun doute, Oscar Pistorius a tué "de sang-froid”. La préméditation est retenue contre l’ancienne star. A ces mots, celui que l’on surnomme "Blade runner" du fait de ses prothèses en carbone, s’effondre en sanglots. Le 22 février, il est libéré sous caution.

Le 14 février 2014, l’athlète sort du silence. Quelques jours avant son procès, Oscar Pistorius brise pour la première fois le silence, un an jour pour jour après le drame. Dans un message sur internet, il écrit : "la douleur et la tristesse, surtout pour les parents, la famille et les amis de Reeva, me consume. Je vais porter pour le reste de ma vie la perte de Reeva et le traumatisme total de ce jour-là".

De mars à octobre, le premier procès : 5 ans de prison ferme. Le procès de l’ancien champion débute le 3 mars 2014 avec le témoignage d’une voisine qui évoque "des cris à glacer le sang", d’une femme au moment du drame. Du 10 au 13 mars, Oscar Pistorius est pris de nausées et de vomissements à la lecture du rapport d’autopsie, puis à la vue d’une photo du corps de Reeva. Quelques semaines plus tard, il comparait à la barre. Entre plusieurs crises de larmes et interruptions de séance, il reconnaît avoir tiré les coups de feu mais nie toujours toute intention de tuer sa petite amie.

Fin juin, les psychiatres et les psychologues le déclarent sain d’esprit et pénalement responsable. Le 12 septembre, le verdict tombe et surprend une partie du monde judiciaire : Oscar Pistorius est déclaré "coupable d’homicide involontaire". "Il a agi de manière négligente quand il a tiré à travers la porte des toilettes sachant qu’il y avait quelqu’un derrière", a estimé la juge, qui ne le reconnaît donc pas coupable de meurtre et de préméditation. Le 21 octobre, le champion paralympique est condamné à cinq ans de prison ferme et incarcéré immédiatement.

Août 2015 : le parquet fait formellement appel. Fin 2014, le parquet avait annoncé son intention de faire appel de la condamnation, qu’il juge "choquante de légèreté". C’est chose faite le 17 août 2015. Le parquet estime que la juge a fait une erreur d’interprétation en ne retenant que l'"homicide involontaire" et qu’elle aurait dû condamner Pistorius pour "meurtre".

Octobre 2015 : Pistorius, assigné en résidence chez son oncle. En juin, l'administration pénitentiaire annonce que Pistorius sera placé en liberté surveillée à partir du 21 août, comme le permet la loi sud-africaine. Mais le 19 août, le gouvernement suspend la décision de le libérer. L’affaire ne s’arrête pas et rebondit le 15 octobre puisque la commission des libérations anticipées annonce que Pistorius sortira de prison le 20 octobre. L’ex-athlète est en réalité assigné en résidence chez son oncle à Pretoria.

Novembre et décembre 2015 : le procès en appel. Le 3 novembre, s’ouvre le procès en appel. Un mois plus tard, la Cour suprême le déclare donc coupable de "meurtre". Oscar Pistorius encourt jusqu'à 15 ans de prison et devrait rester assigné à résidence jusqu’à la révision de sa peine qui pourrait intervenir début 2016. Le feuilleton n’est donc pas terminé.